Qu’aller voir au cinéma quand ils seront rouverts?

Tenet, de Christopher Nolan
Jean-François Pluijgers
Jean-François Pluijgers Journaliste cinéma

Alors que le Conseil national de sécurité a confirmé la phase 4 du déconfinement, permettant notamment aux cinémas d’accueillir jusqu’à 200 personnes dès le 1er juillet, que pourra-t-on aller y voir? Focus fait le point sur les films les plus attendus, et sur ceux qui connaîtront une seconde vie.

Été 85, de François Ozon

Sortie: le 15/07.

Deux ans après Grâce à Dieu, c’est auréolé du label « Festival de Cannes 2020 » que nous arrive Été 85, le nouvel opus de François Ozon. Le prolifique réalisateur -19 longs métrages en un peu plus de 20 ans- y filme, au son de In Between Days de The Cure, la rencontre, dans une station balnéaire normande, entre Alexis, un ado de seize ans, et David, de deux ans son aîné, et l’ami de ses rêves. Le point de départ d’un film à haute teneur romanesque adoptant une multitude de formes, teenmovie sentimental, récit d’apprentissage et suspense vénéneux. On s’y laisse dériver avec bonheur… J.F.Pl.

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Tenet, de Christopher Nolan

Sortie: le 12/08.

L’événement de l’été, c’est toutefois Tenet, le nouvel opus du cinéaste britannique Christopher Nolan, trois ans après le magistral Dunkirk. « All I have for you is a word: Tenet. Use it carefully », professe la bande-annonce de ce qui s’annonce comme un thriller d’espionnage cérébral dans la lignée de Inception, où il sera question, pour John David Washington, rejoint notamment par Robert Pattinson et Elizabeth Debicki, de sauver le monde, pas moins. Une mission qui le projettera dans une dimension dépassant le temps. Celui nous séparant encore du 12 août est en tout cas compté… J.F.Pl.

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>> Voir aussi notre agenda semi-confiné, avec tous les événements culturels pointés pour l’été

A Girl Missing, de Koji Fukada

Sortie: le 14/08.

« L’expression artistique consiste, à mes yeux, à regarder dans les ténèbres », nous confiait Koji Fukada lors de la sortie de son précédent opus, Harmonium. Une entreprise que le réalisateur, assurément l’un des talents les plus accomplis de la jeune génération de cinéastes nippons aux côtés d’un Ryusuke Hamaguchi, poursuit aujourd’hui avec A Girl Missing, l’histoire de Ichiko (Mariko Tsutsui, déjà de Harmonium), une infirmière à domicile dont le monde parfait va vaciller lorsqu’elle se trouve suspectée de complicité d’enlèvement. Le point de départ d’un récit proprement vertigineux… J.F.Pl.

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Pinocchio, de Matteo Garrone

Sortie: le 08/07.

Le réalisateur musclé de Gomorra et Dogman se piquant d’adapter l’indémodable roman picaresque de Carlo Collodi en prise de vues réelles avec Roberto Benigni dans le rôle de Geppetto? Il y a là, assurément, un petit événement en soi. Présenté en séance spéciale lors de la dernière Berlinale, le résultat a néanmoins pu quelque peu déconcerter. Très long pour un film à destination d’un public essentiellement familial (plus de deux heures…), le conte moral a en effet souvent ici des allures de peu digeste carnaval baroque. Entre brèves fulgurances et surcharge esthétique, on vous laisse juger! N.C.

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Mulan, de Niko Caro

Sortie: mi-août.

Covid-19 oblige, la traditionnelle saison des blockbusters est ramenée à quelques titres à peine, les Black Widow et autre Wonder Woman ayant préféré attendre l’automne pour ferrailler sur les écrans. De quoi laisser le champ libre au film d’aventures familial Mulan, version en live action du dessin animé Disney adapté d’un poème narratif chinois du IVe siècle où une jeune femme se fait passer pour un soldat pour partir à la guerre à la place de son père. C’est à Yifei Liu qu’incombe la lourde responsabilité d’incarner la légende, dans un film confié à Niki Caro, la réalisatrice de The Zookeeper’s Wife. J.F.Pl.

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Crash, de David Cronenberg

Sortie: le 22/07.

Du Miroir d’Andreï Tarkovski au Bonheur d’Agnès Varda en passant par The Piano de Jane Campion, l’été s’annonce fertile en reprises de première ordre. Parmi celles-là, un événement: la ressortie, en version restaurée, du sulfureux Crash, adapté en 1996 par David Cronenberg de J.G. Ballard. Un couple dont la vie sexuelle s’essouffle s’y met en quête d’expériences nouvelles, trouvant bientôt dans des accidents de voiture le moyen de pimenter leur relation. Une passion déviante et fétichiste orchestrée par le cinéaste canadien en une collision glacée de sexe et de mort, en quelque ballet mécanique à l’érotisme trouble. J.F.Pl.

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Encore à l’affiche

Ces films sortis à la veille du confinement connaîtront une seconde vie sur grand écran.

Un fils, de Mehdi M. Barsaoui

Tunisie, été 2011. Couple privilégié, Fares (Sami Bouajila) et Meriem (Najla Ben Abdallah) vivent avec Aziz (Youssef Khemiri), leur fils de onze ans, un bonheur sans nuages, comme imperméables au monde extérieur. Jusqu’au jour où un événement tragique fait basculer leur existence, les obligeant à reconsidérer leur relation alors même qu’ils sont engagés dans un éprouvant contre-la-montre. Premier long métrage de Mehdi M. Barsaoui, Un fils puise dans ce drame matière à explorer une société tunisienne à la croisée des chemins, combinant dimensions intime, sociale et politique, à quoi le réalisateur imprime, par endroits, la dynamique d’un thriller. S’ensuit un film aussi intense que puissamment incarné par son duo de comédiens principaux, une oeuvre forte dont le côté « inventaire » ne nuit ni à la cohérence ni à l’acuité du propos. Un cinéaste à suivre, suivant l’expression consacrée. J.F.Pl.

>> (Re)lire aussi notre interview de Mehdi M. Barsaoui

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Beanpole (Une grande fille), de Kantemir Balagov

Certains voient déjà en lui l’avenir du cinéma mondial. À 28 ans seulement, ce fan absolu de Tchekhov et de Kendrick Lamar peut se targuer d’alimenter légitimement de nombreux espoirs. Toute la spécificité de l’art de Kantemir Balagov tient d’ailleurs dans cet improbable grand écart: héritier revendiqué de la robuste tradition russe, il porte en lui, et dans son geste de cinéma, le souffle vital de la jeunesse, une urgence toute contemporaine.

Comme l’amant de l’héroïne rebelle de son premier coup d’éclat, Tesnota (2018), dont la déflagration intime et politique avait déjà fait trembler la Croisette à l’époque, Balagov est d’origine kabarde, communauté de la région déshéritée du Caucase du Nord dont Naltchik tient lieu de capitale. C’est là, à près de 1.500 kilomètres au sud de Moscou, que le jeune homme naît au début des années 90, dans les derniers soubresauts d’une Union soviétique exsangue appelée à la dissolution. Fils d’un entrepreneur local et d’une prof de chimie et de biologie, il grandit en consommant beaucoup de films populaires. À l’adolescence, déjà, il bricole de petites vidéos, seul ou avec des amis, mais se tourne d’abord vers des études d’économie. Il ne les terminera pas, préférant intégrer au sein même de l’université l’atelier de cinéma fondé et dirigé par l’immense Alexandre Sokourov (Moloch, Faust). C’est en disciple avoué du maître qu’il signe ses premiers courts métrages. Un cinéaste, un vrai, est né. N.C.

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Queen & Slim, de Melina Matsoukas

Cinéaste new-yorkaise s’étant taillé une solide réputation dans le clip musical, Melina Matsoukas se réapproprie, pour son premier long métrage, la figure des amants en cavale. Un motif familier qu’elle inscrit à fleur de tensions raciales dans la réalité âpre de l’Amérique d’aujourd’hui, non sans en convoquer la mémoire, comme pour mieux en travailler la conscience et en bousculer les stéréotypes. Façon aussi de créer de nouveaux mythes -et il est commode, à cet égard, de voir en Queen & Slim, puisque c’est ainsi que la fiction choisit joliment de les baptiser, des Bonnie & Clyde contemporains. Un propos mis en scène avec un sens aiguisé du rythme et de la composition, l’alchimie du duo formé par Daniel Kaluuya (vu notamment dans Get Out, de Jordan Peele) et Jodie Turner-Smith (une quasi-inconnue au talent insolent) conférant à ces héros des temps présents un surcroît de charisme, en prise directe sur la légende. L’entreprise n’est pas pour autant sans défaut, dont l’agenda politique peut paraître sursignifiant ou lourdement appuyé par endroit -le montage parallèle, vraiment?-, voire manipulateur à l’excès. Mais soit, il y a là, fulgurances et faiblesses incluses, un film stylisé d’une puissance rare qui, s’il revisite une mythologie du cinéma déjà vue et revue, la porte aussi à incandescence, comme pour mieux étreindre l’urgence du moment. Fort et secouant. J.F.Pl.

>> Lire le reste de notre critique ainsi que notre dossier: Un cinéma sous hautes tensions: petit historique de la question raciale sur grand écran

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