British Blues Explosion

18/05/12 à 17:39 - Mise à jour à 17:39

Retour sur cette génération de groupes anglais qui lâchèrent, dans les foyers anglais, ni plus ni moins qu'une bombe de révolution culturelle.

British Blues Explosion

© Terry O'Neil/Hulton Archive/Getty Images

British Blues Explosion de Philipp Priestley ***

Ce samedi 19 mai à 22.30 sur Arte

Ce n'est pas le premier documentaire du genre servi par Arte, via sa case Pop Culture. Mais à chaque fois, ça prend. Ça scotche et ça fait même battre la mesure: puisé dans ce qui reste probablement l'âge d'or de la musique contemporaine, British Blues Explosion revient sur cette génération de groupes anglais qui lâchèrent, dans les foyers anglais, ni plus ni moins qu'une bombe de révolution culturelle. Il faut, pour s'en convaincre, regarder (et surtout écouter) ces concerts ininterrompus de cris, ces milliers de filles absolument bouleversées dans des salles trop chaudes, trop étroites, peu préparées au succès fulgurant des Stones, Beatles, Animals, Yardbirds, Kinks et autres Who. Car ce sont eux, bataillon d'ados à guitares, qui permirent à la Grande-Bretagne, grande impériale qui "avait gagné la guerre, mais perdu la paix", de libérer sa jeunesse. Grâce est rendue, par ricochet, au blues américain, dans lequel lesdits groupes ont allègrement pompé leur inspiration. Pour ne pas dire copié plusieurs de leurs grandes chansons...

Fouillé mais de facture classique (interviews de vieux briscards et images d'archives), ce documentaire emporte l'adhésion par son enthousiasme communicatif et, bien entendu, par sa bande sonore. Il nous éclaire à la fois sur les racines d'un genre musical déterminant, mais également sur l'oxygénation d'une société sclérosée. Soyons d'ailleurs, à cet égard, un brin paternalos: les gamins feraient bien de jeter un £il à ce temps que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaître. Parce que la musique, si elle rime aujourd'hui avec "clic", se conjuguait à l'époque au présent compliqué, tant se procurer un disque, surtout pressé outre-Atlantique, tenait de la gageure. Unbelievable!

GUY VERSTRAETEN

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