Tous les chemins ramenaient Ben Harper aux Innocent Criminals

23/06/15 à 10:32 - Mise à jour à 12:21

Le roi de la slide guitar revient en force avec les Innocent Criminals, offrant une réunion attendue et un album en préparation.

Tous les chemins ramenaient Ben Harper aux Innocent Criminals

Ben Harper et sa slide guitar, de retour avec les Innocent Criminals © BELGA

Après trois semaines de répétitions pour se réapproprier les 60 chansons qui témoignent des deux décennies d'histoire du groupe, Ben Harper & the Innocent Criminals sont montrés dans un documentaire tourné en mars dernier par Steve Appleford pour le magazine Rolling Stone, à quelques jours de leur grand retour sur scène. Après sept ans d'absence, le groupe a pris la sage décision de se réunir de nouveau.

De l'avis du claviériste Yates, quitter les Innocent Criminals pour mieux y revenir était une décision que le chanteur (Benjamin Chase de son vrai nom) devait prendre. "J'ai tout à fait compris quand j'ai reçu l'appel disant qu'il voulait travailler sur autre chose. Je ne savais pas que ça allait prendre 7 ans, mais je suis heureux qu'il ait fait tout ce chemin."

Harper est un artiste qui aime planifier et ces dernières années, il a voulu s'adonner à des projets qu'il avait en tête depuis longtemps. Parmi ses envies, un court album folk qu'il a enregistré avec sa mère, Ellen Harper, et des albums blues rock dépouillés lors de son escapade malheureuse avec son autre groupe, les Relentless7, rejoint en 2009.

On l'a aussi retrouvé sur des productions moins hasardeuses, comme cet album avec Charlie Musselwhite, récompensé par le Grammy du meilleur album de blues 2014.

Pour mener à bien ces projets, Harper s'est dit qu'il devait prendre du recul par rapport à son propre groupe, les Innocent Criminals, qui est aussi le nom de son label. "Quitter les Innocent Criminals était quelque chose que j'avais besoin de faire pour notre propre salut, aussi difficile que ça puisse être", explique Harper dans le court documentaire réalisé par Steve Appleford pour le magazine Rolling Stone avant leur comeback au Fillmore de San Fransisco en mars dernier, la même salle qui a vu ses débuts en 1994. "Je savais à ce moment, que nous ne pouvions plus continuer dans cette direction sans un long temps de méditation sur ce qu'on avait fait, sur qui nous étions en tant que personnes et ce que notre amitié signifiait", poursuit l'auteur, compositeur et interprète. Il est aussi la belle gueule attitrée du groupe, d'après les goûts de Juan Nelson. Le bassiste assure que les liens ne se sont jamais rompus. "Nous n'avons jamais perdu le contact ni échangé de paroles agressives quand le groupe s'est séparé, parce que nous savions tous que nous étions un groupe à part. Peut-être avions-nous juste besoin d'un break", ajoute celui qui accompagne le leader du groupe depuis toujours.

Même démembré, le groupe continuait de se retrouver autour d'un repas et discutait d'une future réunification. Le temps nécessaire s'est écoulé, et un jour de l'année 2015, la lumière s'est faite. Ben Harper a compris que toutes les routes le ramenaient aux Innocent Criminals.

Le chanteur s'est donc entouré du claviériste Yates, du percussionniste Mobley, du bassiste Nelson, du guitariste Michael Ward et du batteur Oliver Charles pour commencer à travailler sur l'album à venir. De l'avis du groupe, c'était la meilleure chose à faire pour recommencer sur de bonnes bases: créer du neuf avant de regarder en arrière. Dans la vidéo, Ward, le dernier à avoir rejoint le groupe en 2004, affirme que la direction dans laquelle se dirige l'album est encore changeante. "Nous avons déjà enregistré quelques chansons plutôt rock, des ballades au coeur tendre et aussi un peu de reggae, donc l'album peut encore prendre n'importe quelle direction."

Ben Harper & the Innocent Criminals travaillent actuellement à cet album en parallèle d'une tournée américaine, asiatique et européenne, avec un premier arrêt au festival de Werchter le 28 juin (sold out).

Pour se préparer à son retour attendu sur scène, le groupe a revu l'entièreté de son répertoire, replongeant loin dans ses racines rock, soul, reggae et surtout, blues, que Ben Harper joue sur ses genoux, à coups de slide plaintive, caractéristique du maître.

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