Nuits Bota: FKJ, le renouveau de l'homme-orchestre

15/05/17 à 15:23 - Mise à jour à 15:32

Compositeur, producteur, musicien, chanteur: samedi, le "one band man" parisien a montré l'étendue de ses talents avec son downtempo aux accents funky.

Nuits Bota: FKJ, le renouveau de l'homme-orchestre

FKJ a.k.a French Kiwi Juice © DR

Non, nous ne sommes pas au Cirque Royal, mais bien au Botanique en ce troisième jour de festival. Pourtant, il y a de quoi se poser des questions quand on voit le jeune virtuose parisien jongler entre basse, guitare, synthétiseur, piano, saxophone et micro. Eblouissant par son talent, celui qui tutoie le génie de composition de Niles Rodgers a livré une splendide performance pour son premier passage à Bruxelles.

C'est R.O, jeune talent ayant récemment signé chez Sony Music, qui s'est chargé de l'ouverture du Chapiteau. Et ça n'a pas été chose facile pour l'artiste de jouer devant une salle quasi vide alors que plus de 15.000 personnes étaient présentes pour le voir à la Fête de l'Iris qui a eu lieu la semaine passée. Le jeune belge s'en sort malgré tout honorablement et nous livre un set qui nous laisse le sourire aux lèvres, avant de laisser sa place à ToDieFor et ses lignes de basses bien grasses mais néanmoins mélodieuses pour un set dubstep déjanté. Romare reprend ensuite le flambeau avec un live grandiose mêlant percussions, basse et machines électroniques, pour le plus grand plaisir des oreilles mais aussi des yeux.

Place maintenant au plat de résistance: FKJ. Savant mélange de lignes de basse profondes et de solos enflammés, sa musique rappelle une époque où John Travolta se déhanchait sur les pistes de danse multicolores et à laquelle la lumière des smartphones n'avait pas encore remplacé celle des briquets. Une bonne louche de funk, une touche de disco, un soupçon de jazz, un brin de rock et une once de hip-hop figurent indéniablement sur la liste des ingrédients de cette savoureuse revisite du downtempo à la sauce années 80, qui n'est pas sans rappeler les compositions d'un certain Jamiroquai.

Une recette qui prend bien si on en croit ce qu'on a pu observer: alors qu'on se demandait un peu où était le public pendant la mise en appétit pourtant alléchante de R.O et de ToDieFor, le trio de Romare a mis la main à la pâte avec une jam électro impressionnante et a su préchauffer une salle de plus en plus remplie. Sans dire que le travail lui a été mâché, FKJ n'avait plus qu'à mettre le feu aux poudres, ce qu'il a réussi comme un chef. À la demande générale d'une foule en ébullition, le Parisien s'est même vu rappelé sur scène pour un dernier morceau, petit dessert auquel il n'était pas préparé mais qui lui a valu une ovation largement méritée. On s'est régalé.

Calvin Van der Ghinst

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