Couleur Café fait les comptes avant de déménager au pied de l'Atomium

21/02/17 à 13:53 - Mise à jour à 22/02/17 à 13:14

Source: Focus Vif

Suite au flop financier de l'édition 2016 et à l'embouteillage de Tour & Taxis, Couleur Café déménage au Parc d'Osseghem et recentre ses objectifs musicaux. Preuve qu'un festival reste un organisme vivant en lutte pour la prolongation de sa propre espèce.

Au soir du 3 juillet, dernier dans le backstage de Couleur Café à Tour & Taxis, Patrick Wallens pose pour la photo en compagnie de Roméo Elvis, le nouveau Joe Dalton du rap belge. Le coeur n'y est pas. Les premiers chiffres de la fréquentation de l'édition 2016 sont tombés: ils plongent juste en dessous du coma financier assuré, une dizaine de milliers de tickets en deçà des 63.000 requis pour la balance des comptes. Programme, foot, usure du festival, cachets en hausse constante, météo... les supputations tissent des hypothèses plus ou moins pertinentes sur l'échec public. "Au premier rang, il y a quand même les attentats, qui ont sérieusement ébranlé les ventes", insiste Wallens. Pour l'équipe de Couleur Café menée par ce dernier, l'été se traverse entre ressourcement obligatoire et gueule de bois prolongée. L'avenir semble d'autant moins riant que le site de Tour & Taxis, hôte de l'événement depuis 23 ans, a annoncé depuis un bout de temps qu'il n'y aura plus de festival chez lui. Le domaine privé installé sur Bruxelles-Ville et Molenbeek donne la priorité aux projets immobiliers qui rétrécissent chaque année l'espace disponible. Commencent alors pour Wallens et son équipe des négociations destinées à réguler les pertes monétaires et, last but not least, à débusquer un hébergement pour le festival. Tout en menant un débat interne sur la personnalité même de Couleur Café, floutée entre autres par un élargissement au rock et à d'autres styles étanches à la vocation première des musiques du monde. Pour Wallens, promu Docteur Kissinger du décibel, des semaines de négociation impliquent le monde politique, Bruxelles, la Région, Tour & Taxis et les créanciers. Quand on se revoit dans un resto asiatique en janvier 2017, le récit des semaines de septembre à novembre paraît hallucinant. Pendant près d'une heure, l'ancien socio-cul né en 1958 détaille les entretiens, les coups de gueule et de blues, la volonté de ne pas abandonner le contrôle du festival ou de céder à de vaseux...

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