Comblain Jazz Festival ou comment le jazz peut plaire à tout le monde

01/07/15 à 18:06 - Mise à jour à 17:59

Ce weekend, le Comblain Jazz Festival, réduit à deux jours, accueillera quinze beaux noms du jazz d'une diversité déconcertante. L'occasion de comprendre comment le festival mythique réussit à faire aimer cette musique métissée.

Comblain Jazz Festival ou comment le jazz peut plaire à tout le monde

L'immense bassiste funk-jazz et leader de groupe américain Marcus Miller, de passage au Comblain Jazz Festival en 2013 © Wilfred Paulse

Une solide réputation et un flair certain pour repérer les talents à des kilomètres à la ronde. Voilà ce qui a suffi au Comblain Jazz Festival pour programmer l'édition 2015 de ce weekend, malgré des difficultés financières.

Le Comblain-la-Tour Jazz Festival créé par l'Américain Joe Napoli et organisé pour la première fois en 1959. Le festival s'est arrêté en 1966 pour reprendre en 2009. Sur la photo, The Jespap-New-Orleans.

Le Comblain-la-Tour Jazz Festival créé par l'Américain Joe Napoli et organisé pour la première fois en 1959. Le festival s'est arrêté en 1966 pour reprendre en 2009. Sur la photo, The Jespap-New-Orleans. © BELGAIMAGE

Le rendez-vous du jazz à Comblain-la-Tour, dont la légende est née en 1959, a réussi un tour de passe-passe pour faire apparaître les aides nécessaires. Le festival avait été abandonné dans la forêt des subsides disparus par la commune de Hamoir. Il faut reconnaître que la commune en question avait déjà dû éponger 25.000 euros de dettes accumulées par le festival l'année précédente. "Cette année, la commune de Hamoir ne nous aide plus financièrement, à part en engageant une personne chargée de la communication de l'événement. Elle donne du matériel et des hommes pour tout ce qui est logistique et préparation du festival", reconnaît Bertrand Squelard, le chargé de comm' en question.

Tout est bien qui finit bien, donc. Cette année, la Fédration Wallonie-Bruxelles, la province de Liège, le WBI (Wallonie-Bruxelles International), la Wallonie et même l'ambassade des États-Unis, avec laquelle il existe un partenariat, ont généreusement participé à remettre le festival à flots.

Hommages

Le budget rétréci n'a donc pas eu d'effet négatif sur la programmation. Que du contraire: "On a autant de têtes d'affiches - même plus - que l'année dernière. On a une programmation très éclectique, avec Eric Legnini pour rendre hommage à Ray Charles", explique Bertrand Squelard.

Des hommages, il y en aura au Comblain Jazz Festival, et pour tous les goûts. Du free-jazz, jusqu'à la presque pop de Dani Klein pour célébrer Billie Holiday, sans oublier les O!Boy et leur "close harmony" jazz américaine du début du XXe siècle qui clignent l'oeil en direction de l'esprit "Independance Day" de ce samedi 4 juillet à Comblain-la-Tour, les références ne manqueront pas.

Hommage aussi, rendu par The Cookers, à John Coltrane. Le leader du groupe, Billy Harper, est saxophoniste ténor, comme "Trane", dont il reprendra certains morceaux. Cette tête d'affiche est un véritable Jazz All-Star qui viendra se produire le samedi et rappeler que le grand saxophoniste était venu humer l'air vivifiant de Comblain-la-Tour il y a 50 ans. "Les Cookers ont fait un album en 2014 qui a été élu meilleur album de l'année en jazz. Ce sont des musiciens américains expérimentés qui ont joué avec des grands noms du jazz des années '60. C'est un septet de rêve que les festivals européens s'arrachent. Et nous, on est vraiment les premiers à l'avoir", rappelle fièrement Bertrand Squelard.

Qu'ils soient Américains, Israéliens, Portugais, Hongrois ou Français, les artistes qui viennent sont tous des musiciens de qualité.

Pas LE jazz mais LES jazz

Les talents belges aussi, sont mis en valeur cette année. El Toto Café, Jazzy Strings, le saxophoniste Manu Hermia au talent reconnu internationalement, O!Boy, , Éric Legnini, Swing Barons, Tali Toké, Guillaume Vierset, Dani Klein, Dj Dunya & Martin le Vilain... tous les groupes - ou presque - ont du sang belge. Quant à Jimmy Moliere, l'américain et sa famille se sont installés en Belgique après que l'ouragan Katrina a détruit leur maison à la Nouvelle Orléans. Donc il est un peu belge aussi, finalement.

La francophonie belge peut se targuer d'avoir des musiciens de jazz excellents. Mais la marque de fabrique du Comblain Jazz, c'est surtout la diversité. "Pour nous, le jazz ne se limite pas au jazz classique, au saxophone seulement. C'est un univers à part entière de mélange de styles", explique Bertrand Squelard

Le line-up hoche la tête. Sont conviés à la fête DJ Dunya et son électro mariée à de l'improvisation au saxophone, Tali Toké avec son urban jazz qui parle pop/world avec des accents arabes, d'Europe de l'Est, et de guinguette française des années '20. El Toto Café joue le mélange de culture de tout son être et les Swing Barons ravivent les premières heures du Comblain Jazz, à l'époque où les Swing Big Band étaient légion.

"Il y a tout un panel de styles musicaux dans le jazz et on essaye d'en offrir une majorité, de l'électro jazz au free jazz en passant par le hard bop, le sing jazz, le world jazz et des musiques métissées, comme Oran Etkin et son mélange de "pur jazz", avec des musiques israéliennes et des musiques indiennes."

Le Comblain Jazz Festival l'a compris depuis longtemps: le jazz n'est fait que de musiques entrelacées et c'est pour ça qu'il peut plaire à tout le monde.

Le Comblain-la-Tour Jazz Festival International les 4 et 5 juillet. Plus d'infos sur http://www.comblainjazzfestival.be

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