BRNS: "nous tenions à rester éloignés du pop rock wallon qui tourne en rond"

07/11/11 à 10:00 - Mise à jour à 09:59

Quatre musicos débarqués de (presque) nulle part mettent un peu de folie et d'audace dans la pop made in Wallonie-Bruxelles. Mexico, Mexiiiiii-co.

BRNS - détail de la pochette du 3 titres

BRNS - détail de la pochette du 3 titres © DR

BRNS - détail de la pochette du 3 titres

BRNS - détail de la pochette du 3 titres © DR

C'est pas bien d'arriver en retard aux concerts et de brosser les premières parties. Sauf que ça permet de grailler et que 9 fois sur 10, on ne rate pas grand-chose si ce n'est 2 morceaux tout pourris et 3 mousses au bar. En même temps, on a bien fait d'arriver à l'heure (enfin à l'avance), mi-septembre, pour le concert de Cloud Control au Bota. C'est à cette occasion qu'on a découvert BRNS. Dites Brains comme tout le monde... Un jeune groupe belge qui a du mal avec les voyelles comme MSTRKRFT, MGMT, BLK JKS, SBTRKT...

"C'est un peu ringos mais c'est pratique, rigole Antoine Meersseman. Il y avait déjà plein de Brains sur le circuit." Antoine en sait quelque chose. Antoine bosse à la médiathèque. Cela fait déjà quelques années qu'il fait de la zik avec Timothée Philippe. "Au départ, nous étions très mainstream. Nous ne cherchions pas bien loin. On s'appelait Duplex et on faisait de la pop pour midinettes." Même qu'il ont participé à Puredemo et que les commentaires du jury évoquaient Matthew Bellamy, Muse, les Kooks et Puggy. Au secours. Aujourd'hui, les mecs de BRNS ne sont plus des gamins. Ils ont dans les 25 ans. Aiment Le Loup, Why?, Menomena... Animal Collective aussi. Et de reconnaître qu'"au niveau des rythmiques et des voix, la bande à Panda Bear a exercé une influence énorme sur la musique d'aujourd'hui".

Limite Records

BRNS voit officiellement le jour le 1er janvier 2010 dans l'ambiance on imagine encore imbibée d'un lendemain de réveillon. Tim et Antoine n'ont rien. Pas de style. Pas de chansons. Ils s'enferment dans un local pendant 6 mois. "Nous n'avions aucune idée de comment nous voulions sonner. Par contre, nous savions que nous tenions à rester éloignés du pop rock wallon qui tourne en rond."

Le tandem embauche du renfort, Diego Leyder à la guitare, et enregistre au Six Studio, à Molenbeek. Dès mars, il dévoile 3 titres sur BandCamp. Et au moment de monter sur scène, fait appel à Olivier Hargot (clavier/percussion).

Xavier Daive, l'un des directeurs artistiques de l'Atelier 210, craque, programme et se jette à l'eau. "Ça faisait un petit bout de temps que je voulais lancer un mini label dédié aux 45 tours d'artistes émergents, avoue-t-il. Un label qui permette aux jeunes groupes de démarcher rapidement les radios, les médias et les salles de concerts avec un support de qualité. BRNS m'en a offert l'occasion."

A l'heure qu'il est, la moitié des 300 exemplaires de Mexico pressés par Limite Records ont déjà été vendus. "Notre nom a assez vite circulé parmi les professionnels. Ils se demandaient qui on était. C'est peut-être le côté décalé et outsider", suppose Antoine. Peut-être aussi l'exotisme, cette pop décomplexée pleine de percussions.

Le garçon jette un regard tranché et avisé sur l'industrie du disque. Il lui a consacré son mémoire. "Nous voulons sortir un EP en 2012 mais nous allons bosser sur fonds propres. Conserver un maximum de contrôle. Je ne vois plus beaucoup d'intérêt aujourd'hui à signer sur une maison de disques en Belgique. Ça n'a pratiquement plus aucun sens."

LE 05/11 AU BEURSSCHOUWBURG (BRUXELLES), LE 18/11 AU GRAND MANÈGE (NAMUR), LE 10/12 À LA MÉDIATHÈQUE DE LOUVAIN-LA-NEUVE.

WWW.BRNS.BE - HTTP://BRNS.BANDCAMP.COM/

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