Xenoblade Chronicles, l'épée qui tombe à pic

13/09/11 à 13:57 - Mise à jour à 13:57

RPG | Didactique et rondement mené, Xenoblade Chronicles redore le blason des actions RPG sur Wii. Un événement dans le petit monde des jeux de rôle.

Xenoblade Chronicles, l'épée qui tombe à pic

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Habituellement réservés aux initiés, les jeux de rôle nippons (RPG) ne se montrent que trop rarement didactiques. Xenoblade Chronicles nage heureusement à contre-courant. Nouvelle création des auteurs de Xenosaga, Super Smash Bros. Brawl et Disaster: Day of Crisis, ce RPG orienté action prend le joueur par la main dès le début de son récit. Loin de raboter toute approche finaude, cette aventure aux rouages denses déploie un univers SF fantastique en parfaite symbiose avec son gameplay. Une aventure grandiose et testamentaire pour la Wii.

A première vue, rien ne distingue Xenoblade Chronicles des clichés et poncifs adolescents des autres RPG de sa génération. Le joueur enfile ainsi les gants de Shulk, seul habitant de la Colonie 9 à même d'étudier et de comprendre la Monado, glaive magique capable de vaincre les Mékons, monstres mécaniques menaçant ce village ancré sur la jambe d'un dieu géant. Un contexte singulier évoquant Shadow Of Colossus. Mais une métaphore un peu ronflante sur l'adolescence et ses changements. Entouré d'un ami déconneur et d'une copine secrètement amoureuse, le héros découvrira toutefois que son Excalibur steampunk lui balance également des flash-forwards aussi angoissants qu'incompréhensibles.

Pas pour emos

Monolith Software ne brandit toutefois pas ces parenthèses temporelles dans le seul but de tendre son scénario. La figure de style sert aussi des fins ludiques. En combat, on anticipe ainsi une offensive ennemie conséquente avant son déclenchement. Le tout pour concentrer son attaque sur le monstre concerné ou le diriger vers un coéquipier aux reins solides. Tapissé de dialogues épicés, à mille lieues du gloubi-boulga gothico-romantique des récentes productions de Square, Xenoblade Chronicles pousse également le joueur à développer les relations sociales de ses personnages principaux et secondaires.

Vus à la 3e personne, les combats en temps réel proposent donc aux joueurs d'encourager leurs coéquipiers pour qu'ils tailladent avec plus de précision. Conséquence immédiate, des cinématiques supplémentaires s'ouvrent sur certains points de la carte. Originale, cette idée brille d'autant que le titre explique ses nombreuses subtilités de combat avec un sens didactique rarement vu. Le tout via des fiches pop up contextuelles criblées de texte et de schémas.

Reprenant les figures de style clefs des actions RPG classiques façon Final Fantasy XII, Xenoblade distingue 2 types d'ennemis sur la carte, soit des passifs qui ne déclencheront un combat que lorsqu'on les provoque, et des belliqueux, fonçant tête baissée vers le joueur. Dès la joute lancée, le joueur louvoie entre les ennemis pour déclencher divers types d'attaques dont les effets varient selon sa position. Si l'ensemble donne une impression de joyeux chaos en début de partie, la sauce se lie rapidement. Parmi les nombreux gimmicks livrés, la collaboration entre équipiers ou la stratégie entrent ainsi en ligne de compte.

Dynamique dans ses combats, Xenoblade offre une aventure riche en quêtes secondaires et en dialogues annexes. On plonge donc sans difficulté dans ce vaste univers régi par un cycle jour/nuit, au fil d'une bande originale voyageuse. Mieux: les dialogues anglais ou japonais sous-titrés en français font office d'option rare. Flanqué d'une réalisation ambitieuse malgré les faibles capacités graphiques de la Wii, le RPG événement se joue prioritairement à la manette classique. La prise en mains du couple wiimote/nunchuck énerve, surtout pour orienter la caméra. Un moindre mal toutefois pour le meilleur RPG de cette rentrée.

Michi-Hiro Tamaï

XENOBLADE CHRONICLES, ÉDITÉ PAR NINTENDO ET DÉVELOPPÉ PAR MONOLITH SOFTWARE, ÂGE 12+, DISPONIBLE SUR WII. ****

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