Vertiges de l'amour

13/06/18 à 21:00 - Mise à jour à 13:32
Du Le Vif Focus du 14/06/18

Suspendant le temps dans les années 90, Christophe Honoré signe un mélodrame hanté par le sida et la mort mais néanmoins lumineux, une histoire d'amour portée à incandescence par Pierre Deladonchamps et Vincent Lacoste... Un film à la bouleversante beauté.

C'est l'histoire d'un premier et d'un dernier amour. Soit la rencontre inopinée entre Arthur, un étudiant provincial mordant dans la vie à pleines dents, et Jacques, un écrivain trentenaire sachant se consumer du sida, pour un film tendu entre deux sentiments: l'élan et le renoncement. Au-delà de la grâce sensuelle de l'ensemble, il est tentant de voir en Plaire, aimer et courir vite, le onzième long métrage de Christophe Honoré, quelque chose comme une tentative d'autoportrait de l'auteur décliné en deux personnages. "Vous avez raison, opine le réalisateur. C'est embarrassant, je le vois depuis deux jours où je suis à Cannes, où, au fur et à mesure des entretiens, je finis par admettre que oui. L'idée de l'autoportrait en tout cas me plaît assez parce que c'est différent de l'autobiographie, on se met en scène, comme ces peintres qui se peignent: autoportrait au chien, autoportrait au chapeau vert, etc. J'assume de me mettre en scène avec deux moi successifs -ça paraît très vaniteux, soudain, de dire ça- qui seraient ce que je crois avoir été quand j'avais 20 ans, et une part de ce que je suis aujourd'hui, deux personnages communiquant beaucoup. Le film est construit là-dessus, avec l'idée d'un protagoniste, Arthur, qui croise quelqu'un qui semble vivre la vie dont il rêve. Et l'autre personnage, Jacques, qui croise un jeune homme et se revoit, tout en voyant que ce jeune homme a de l'avenir alors que lui se convainc qu'il n'en a plus et qu'il va lui céder la place." Soit un binôme imaginaire nourri de la mémoire et des émotions du cinéaste - "la définition du cinéma d'auteur, pour moi, c'est un cinéma à la première personne"-, à charge pour le cinéma de l'entraîner du côté du romanesque. En quoi Christophe Honoré est passé maître, postulat vérifié des Chansons d'amour aux Bien-aimés, les deux films en-chantés signés avec la compli...

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