Ralph Azham, tome 2

15/09/11 à 17:24 - Mise à jour à 17:24

HEROIC FANTASY | Ralph, personnage mal-aimé, poursuit une quête qui l'amènera à grandir mais sans jamais se départir pour autant de son éternel caractère de bouffon immature. Du Trondheim pur jus, en somme. Réjouissant.

RALPH AZHAM, TOME 2, DE LEWIS TRONDHEIM, ÉDITIONS DUPUIS. ***

Ralph Azham, tome 2

HEROIC FANTASY | Il y a là assurément de quoi perdre son latin bédéphile pour tout amateur du Donjon, cette foisonnante série d'heroic fantasy imaginée par Lewis Trondheim et Joann Sfar. Lancée sur les chapeaux de roue chez Delcourt fin des années 90, la formidable saga multiplie les sous-séries, voyage sur la ligne du temps, développe un univers, un bestiaire, proprement monstrueux, puis semble s'éteindre peu à peu, bien loin de l'objectif, titanesque il est vrai, fixé à ses débuts, laissant là frustrée une armée de lecteurs dont l'impatience se change bientôt en amertume. Or voici que le sieur Trondheim se pique de sortir en moins de 6 mois de temps 2 albums d'une nouvelle série qui multiplie jusqu'à l'outrance les correspondances avec celle-là. L'histoire de Ralph Azham, jeune homme doté d'un pouvoir peu commun en qui l'Oracle n'a hélas pas reconnu l'Elu que chacun attendait...

Moins déconnant et violent, moins touffu et ambitieux, ce Ralph Azham s'adresse aussi sans doute prioritairement à un lectorat plus jeune que celui du Donjon -les albums ont tous 2 eu les faveurs d'une prépublication dans le journal de Spirou. Reste que Trondheim ne manque pas de truffer ce récit d'aventure initiatique somme toute très classique de l'humour absurde et régressif qu'il affectionne. Ainsi, Ralph Azham fonctionne aussi bien quand il se laisse porter par le souffle épique propre à ce genre de saga que dans les digressions comiques qui l'accompagnent. Ce qui nous ramène encore et toujours à l'esprit du Donjon. Ralph, personnage mal-aimé, poursuit une quête qui l'amènera à grandir, à passer du statut de vilain petit canard à celui de sauveur possiblement héroïque, mais sans jamais se départir pour autant de son éternel caractère de bouffon immature. Du Trondheim pur jus, en somme. Réjouissant.

Nicolas Clément

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