Le guide du mauvais père

21/01/13 à 15:25 - Mise à jour à 15:25

HUMOUR | Auteur d'origine québécoise du genre accro au réel, Guy Delisle puise invariablement dans son vécu les éléments à même de nourrir les histoires qu'il entend raconter.

DE GUY DELISLE, ÉDITIONS DELCOURT, 192 PAGES. ***

Le guide du mauvais père

HUMOUR | Quand il signe deux albums-fleuves ambitieux à L'Association au début des années 2000 (Shenzhen et Pyongyang), c'est sa propre expérience en tant que superviseur dans le domaine de l'animation en Asie qu'il relate. Et, dans la foulée, quand il se fend de chroniques en prise directe sur la réalité de la vie à Rangoon ou dans la ville trois fois sainte (Chroniques birmanes et Chroniques de Jérusalem, déjà dans la collection Shampooing chez Delcourt), c'est son quotidien de compagnon d'une expatriée MSF dont il rend compte avec force détails informatifs, quasi documentaires. Auteur d'origine québécoise du genre accro au réel, Guy Delisle puise invariablement dans son vécu les éléments à même de nourrir les histoires qu'il entend raconter. Jusque dans ses échappées les plus ouvertement fictionnelles -son jeune fils comme source d'inspiration principale de Louis au ski et de Louis à la plage. C'est encore vrai aujourd'hui avec ce premier tome du Guide du mauvais père, récréation gentiment amorale où Delisle se met en scène, avec juste ce qu'il faut de décalage et d'autodérision, en paternel aimant mais passablement égoïste, veule et irresponsable, grand ahuri en short cultivant un humour volontiers limite -vas-y que je fais croire à mon fils que je me suis tronçonné la main- et une fibre éducative quelque peu discutable -"J'te le dis franco, c'est pas avec ça que tu risques de ramener un Fauve d'Or à la maison", à sa fille qui lui apporte fièrement un dessin fait main. Sous le rire grinçant et l'impertinence de façade pointe pourtant çà et là une tendresse certaine pour l'univers simplifié de l'enfance, dans un ensemble d'histoires courtes amusantes et sans prétention.

Nos partenaires