Focus Brolcast: Vies Parallèles, maison d'édition bruxelloise vieille d'une bonne semaine

20/03/15 à 09:00 - Mise à jour à 19/03/15 à 17:19

Lancée le 13 mars 2015, Vies Parallèles est une toute nouvelle maison d'édition bruxelloise à la barre de laquelle on retrouve Emmanuel Requette, le patron de la librairie Ptyx, et Alexandre Laumonier, qui s'occupe aussi de Zones Sensibles. Le premier a été invité par Serge Coosemans, sa portée de chatons dans la gorge, DJ Kwak et son jet-lag, à nous présenter cette très prometteuse initiative.

Focus Brolcast: Vies Parallèles, maison d'édition bruxelloise vieille d'une bonne semaine

© Vies parallèles

Comme les Blues Brothers, Vies Parallèles est en mission. Le mot d'ordre: proposer sur un marché pourtant obnubilé par les étiquettes et les définitions de genres des ouvrages qui échappent aux clivages littéraires, des oeuvres qui brouillent les frontières entre littérature et essai, fiction et biographie, voire même foi et raison. L'entreprise est à la fois ambitieuse et modeste. Modeste dans le sens où Vie Parallèles est une asbl qui n'entend pas sortir plus de trois bouquins par an. Ambitieuse parce que la structure a bien l'intention d'être rentable, de proposer des oeuvres pouvant être jugées difficiles, d'en soigner la présentation et d'au moins durer jusqu'en 2025, puisqu'il a déjà été décidé de sortir un tome par an du Bréviaire de Saint-Orphée de Miklos Szentkuthy, qui compte donc dix volumes.

Dans ce Focus Brolcast, Emmanuel Requette nous explique cela en long et en large en plus de nous présenter les deux ouvrages déjà publiés: En marge de Casanova de Miklos Szentkuthy et Que faire de ce corps qui tombe de John d'Agata et Jim Fingal. Le premier est comme un ensemble de notes, riches en digressions, qu'aurait pu prendre Szentkuthy, génie de la littérature hongroise, à la lecture de Casanova. Le second reprend les échanges d'e-mails entre John d'Agata, essayiste, et Jim Fingal, chargé du fact-checking d'un article proposé par d'Agata à la prestigieuse revue américaine The Believer. L'auteur est une grande gueule douée mais fantasque, habité par son sujet, le suicide d'un jeune homme qui s'est jeté de la plus haute tour de Las Vegas, mais ne ressentant pourtant pas la nécessité de s'en tenir aux faits. D'Agata tord la réalité de l'incident pour lui donner un souffle non seulement littéraire mais aussi perturbant, voire même magique. Dans un contexte américain de scandales de pipeautages journalistiques à répétition, cela ne plaît évidemment pas du tout à Fingal, formidable enculeur de mouches qui ira vérifier jusqu'à l'exactitude des données météo et de la hauteur des plafonds des casinos dont il est fait mention dans l'article. Une formidable leçon de... De quoi, au fait? On ne le sait toujours pas mais si Joëlle Milquet nous lit, on lui conseille drôlement d'acheter ce Corps qui tombe par palettes et de le distribuer dans toutes les écoles de journalisme de notre belle région. C'est nous qui vous remercions. (sc)

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