Stories We Tell

06/08/13 à 16:10 - Mise à jour à 16:30

DOCU-FICTION | L'originalité de Stories We Tell n'a d'égal que l'émotion qu'il suscite. Sarah Polley y dynamite les codes du cinéma, prenant pour matière vivante les vérités mais aussi les mensonges dans et autour de sa famille et de ses origines.

Stories We Tell

Stories We Tell © DR

Réalité ou fiction? On peut s'y perdre, mais alors avec bonheur, tant l'actrice canadienne passée derrière la caméra (on lui devait déjà les très sensibles Away From Her et Take This Waltz) conjugue avec invention les différents éléments composant son nouveau film. Polley joue les détectives pour creuser la mémoire familiale, et peut-être percer à jour les secrets qui s'y nichent. Elle interroge ses proches, recueille témoignages et confessions. Se construit ainsi, à travers la remise en question des histoires transmises depuis des générations parfois, une légende intime tissée d'évidences et de faux-semblants. Le documentaire se libère de tout carcan pour épouser une quête humaine mais aussi artistique en diable. Au terme de cette expérience cinématographique inoubliable, audacieuse, attachante et pleine de surprises, on peut se demander si la vérité est bien là où elle paraît se trouver. Le bonheur d'avoir vu le film est, lui, incontestable. Il confirme les qualités de cinéaste de celle que Terry Gilliam révéla, encore enfant, dans The Adventures Of Baron Munchausen. La petite a fait bien du chemin! Son troisième film, le plus personnel à ce jour, use de la caméra comme d'une machine à se trouver, à se réinventer. Nul doute qu'il nourrira une démarche où la mémoire (l'Alzheimer d'Away From Her) et l'amour (le triangle de Take This Waltz) jouent un rôle essentiel.

DOCU-FICTION DE SARAH POLLEY. AVEC REBECCA JENKINS, PETER EVANS, ALEX HATZ. 1H48. SORTIE: 07/08.

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