Melancholia

09/08/11 à 17:13 - Mise à jour à 17:13

DRAME | Avec Melancholia, la fin du monde inspire à Lars von Trier un film angoissé et serein, sombre et lumineux. Un authentique chef-d'oeuvre.

Melancholia

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DRAME | Chaos Reigns nous signifiait le renard de Antichrist. Et c'est précisément sur l'omniprésence du chaos que s'ouvre Melancholia, le nouveau film de Lars von Trier, dont le prologue nous donne à assister à la fin du monde, en une vision magistrale que la musique du Tristan et Iseult de Wagner, achève de porter vers des sommets. Ces 8 minutes de monumentale beauté et de non moins absolue tristesse passées, l'oeuvre s'articule en 2 chapitres. On découvre d'abord le mariage, très fin de siècle, de la mélancolique Justine (Kirsten Dunst, époustouflante), réception dont le faste ne peut masquer le fiasco annoncé, comme si le Festen de Thomas Vinterberg s'invitait chez Visconti. Après quoi, s'abimant dans la dépression, Justine vient s'installer chez sa soeur Claire (Charlotte Gainsbourg), son beau-frère et leur petit garçon, tous rivés à l'imminence de la collision de la Terre avec Melancholia, astre engagé dans une curieuse danse de la mort...

Oscillant à front d'une mélancolie qu'il trempe dans un pessimisme viscéral tempéré d'humour noir, le film de von Trier présente des contours paradoxaux. Si l'on peut voir dans Melancholia une oeuvre apaisée, la vision du réalisateur danois n'en reste pas moins éminemment singulière et jusqu'au-boutiste, faisant de l'anéantissement la perspective de cet étrange et fascinant ballet cosmique. Lui subsiste pourtant le sentiment d'une souveraine douceur, et plus encore celui d'une stupéfiante beauté, qui achève de faire de ce film virtuose, angoissé et serein à la fois, une expérience rare. Un authentique chef-d'oeuvre.

J.F. PL.

Melancholia, drame de Lars von Trier. Avec Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg, Kiefer Sutherland. 2h10. Sortie: 10/08.

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