Critique ciné: La Belle saison, envolée romanesque solaire

18/08/15 à 12:15 - Mise à jour à 12:15

Source: Focus

DRAME | Catherine Corsini renoue avec la sève de son cinéma -une affaire de passion, déclinée pour le coup au féminin pluriel.

Critique ciné: La Belle saison, envolée romanesque solaire

Cécile de France et Izïa Higelin dans La Belle saison © DR

Si Trois mondes, son précédent opus, l'emmenait du côté du film noir, Catherine Corsini renoue, dans La Belle Saison, avec la sève de son cinéma -une affaire de passion, déclinée pour le coup au féminin pluriel. Soit, dans la France de 1971, l'histoire de Delphine (Izïa Higelin) et de Carole (Cécile de France). Enfant de paysans, aimant les filles en toute discrétion, la première est montée à Paris en quête de liberté et d'autonomie; prof d'espagnol, vivant en couple avec Manuel, la seconde est militante au sein de mouvements féministes. Fortuite, leur rencontre va faire basculer leur existence, leur attraction mutuelle se révélant bientôt irrésistible, au mépris de leurs différences, et à rebours des conventions.

A leur suite, Catherine Corsini fait résonner l'effervescence de l'époque avec une autre, intime. Si La Belle Saison se révèle par endroits décoratif à l'excès (dans ses reconstitutions historiques en particulier), Cécile de France, rayonnante comme rarement, et Izïa Higelin, affichant un naturel à même de tout renverser sur son passage, lui confèrent toutefois une grâce singulière, ondulant avec bonheur et gourmandise au gré des temps et des contretemps de leur histoire d'amour. A quoi la partition de Grégoire Hetzel (collaborateur régulier d'Arnaud Desplechin) ajoute par ailleurs ce qu'il faut de lyrisme, libérant bientôt les êtres et leurs sentiments dans une nature bienveillante. Sans être le Brokeback Mountain limousin que l'on avait furtivement entrevu, il y a là néanmoins un joli film, envolée romanesque solaire portée par un élan souverain, et intensément incarnée par ses deux interprètes.

DRAME. DE CATHERINE CORSINI. AVEC CÉCILE DE FRANCE, IZÏA HIGELIN, NOÉMIE LVOVSKY. 1H45. SORTIE: 19/08.

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