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Si son Tenet n'a pas totalement répondu aux attentes, Christopher Nolan n'en reste pas moins le réalisateur ayant su reprofiler avantageusement le blockbuster. Démonstration avec ce coffret rassemblant ses trois derniers films hors trilogie Batman, le cinéaste britannique se montrant tout autant inspiré qu'il se frotte au thriller en apesanteur (Inception), à l'aventure spatiale (Interstellar), ou au film de guerre réaliste (Dunkirk). Le paradis, c'est l'enfer? Diffusée quatre saisons durant sur NBC, cette comédie fantastique hyper colorée pilotée par le petit génie de la sitcom US à concept Michael Schur (Parks and Recreation) a tiré sa révérence cette année en s'offrant un grand final ouvert aux résonances émotionnelles. Il faut voir et revoir la grosse cinquantaine d'épisodes de cette virée bourrée d'idées farfelues et de twists malins dans un au-delà hautement dysfonctionnel. Sorti il y a 45 ans, Jaws devait avoir un impact déterminant sur l'Histoire du cinéma, imposant le nom de Steven Spielberg tout en annonçant l'ère des blockbusters. Disponible en version 4K Ultra HD, le film n'a pas pris une ride, modèle de thriller horrifique à l'efficacité inverse à la modestie de son budget. L'on replonge dans les eaux de la baie d'Amity, théâtre de la chasse au squale, avec un plaisir teinté d'angoisse que prolongent des bonus nombreux. L'air de rien, l'empreinte de ce pilier fondateur de la Nouvelle Vague reste toujours aussi prégnante au fil du temps. Un réalisateur comme Bong Joon-ho, par exemple, ne cache pas que le travail de Chabrol a été d'une influence déterminante sur son Parasite palmé. Les éditions Carlotta proposent aujourd'hui un coffret rassemblant cinq films clés de la dernière partie de son oeuvre-monstre (L'Enfer, La Cérémonie, Rien ne va plus, Merci pour le chocolat, La Fleur du mal). Bénéficiant d'une restauration 4K inédite, ils explorent le versant féminin de ce peintre féroce de la bourgeoisie française, fier tenant d'un cinéma populaire teinté d'iconoclasme noir. Les suppléments sont aussi nombreux que généreux: entretiens et scènes commentées par Chabrol, conversations inédites avec Sandrine Bonnaire et Isabelle Huppert, visite dans les coulisses des tournages... Un must. Avant un exil américain qui le verrait signer notamment Vol au-dessus d'un nid de coucou et Man on the Moon, Milos Forman s'imposait, en quatre films tournés entre 1963 et 1967, comme la figure de proue de la Nouvelle Vague tchèque. Restaurées et réunies dans un coffret de trois Blu-ray, ces oeuvres de jeunesse témoignent de la singularité du regard du cinéaste qui, rompant avec l'esthétique du réalisme socialiste, préféra s'attacher à des personnages ordinaires montrés dans la vie de tous les jours. La jeunesse tchèque en particulier, dont il sut cerner l'ennui mais aussi les aspirations comme l'élan dans des films conciliant touche discrètement burlesque et humour mordant (L'As de pique, l'histoire d'un apprenti préférant draguer les filles à son job de surveillant d'une supérette). Et pratiquant une critique qui peut prendre une coloration douce-amère (l'épatant Les Amours d'une blonde, autour d'une jeune provinciale rêvant d'échapper à sa condition), voire ouvertement satirique (Au feu, les pompiers!, autour d'un bal des pompiers tournant au fiasco, en une métaphore pas même voilée du régime communiste). Parmi les bonus de cet appel de liberté hautement jubilatoire, une passionnante interview de Forman, qui évoquait, en 2010, ses souvenirs de cinéaste en Tchécoslovaquie, mais aussi l'aventure Taking Off, son premier film américain. À déguster sans modération. Secrets, rumeurs et mensonges agitent en lames de fond les intrigues des deux saisons de la série HBO adaptée du best-seller de Liane Moriarty. Fragilisées, les cinq héroïnes nanties de Big Little Lies font face à leurs responsabilités, mais ne cessent surtout de buter sur les préjugés genrés d'un petit théâtre sociétal n'ayant encore que très modérément intégré les leçons de l'ère post-#MeToo. Davantage pertinent sur le fond que sur la forme. Créée par Michael Hirst (The Tudors) pour la chaîne canadienne History, Vikings surfe sur la vague à succès des fictions historiques déclinant le corps-à-corps, violent ou sexy, à toutes les sauces. Entre aspirations collectives et tourments individuels, la proposition ne manque pas d'allure. Seul hic: cet imposant coffret Blu-ray ne compte bien sûr pas la sixième et ultime saison de la série, dont la deuxième partie se fait toujours attendre. Accessible depuis quelques semaines en Belgique, LaCinetek, ou "Cinémathèque des réalisateurs", propose un catalogue de VOD de quelque 850 titres, composé au départ des listes de cinéastes du monde entier qui choisissent leurs 50 films de chevet. La sélection d'Albert Dupontel, réalisateur associé du mois de novembre, court ainsi de Brazil, de Terry Gilliam, à Panique, de Julien Duvivier, en passant par Toto le héros, de Jaco Van Dormael. Diverses formules sont proposées aux spectateurs: à l'unité (la sélection est impressionnante, qui aligne classiques et pépites inconnues), Cinépass ou encore, pour la modique somme de 2,99 euros, abonnement mensuel à la sélection du mois -un choix de dix films autour d'une thématique. Celle de novembre, "Tours et détours: sur la route", invitait à voyager du cinéma de Wim Wenders (Alice dans les villes) à celui de Jim Jarmusch (Down by Law) avec arrêts chez Frank Capra (It Happened One Night) ou Abbas Kiarostami (Le Goût de la cerise)... Oscarisé pour son hallucinante composition de Joker, Joaquin Phoenix a su, depuis ses débuts, milieu des années 90, concilier choix audacieux et réussites artistiques. La preuve en sept films, à celui de Todd Phillips venant s'ajouter des classiques - The Master et Inherent Vice de Paul Thomas Anderson, We Own the Night et Two Lovers de James Gray-, mais aussi l'épatant Her de Spike Jonze, et le suffocant A Beautiful Day de Lynne Ramsay. Un must. Enfants terribles d'une trilogie mythique où la mafia italo-américaine se retrouve au coeur d'une virtuose saga familiale, Le Parrain I, II et III s'accompagnent ici des commentaires éclairés d'un Coppola peu avare de confidences. Un disque entier regorge de précieux suppléments, dont l'un se penche par exemple sur l'influence décisive de The Godfather sur la culture populaire, des Soprano aux Simpsons. Voilà une offre qu'il va être difficile de refuser. Double actualité Yasujiro Ozu en cette fin d'année puisqu'à la parution de ses Carnets s'ajoute la sortie d'un coffret réunissant six films en couleur réalisés par le maître nippon entre 1958 et 1962, auxquels s'ajoutent quatre autres films, mais aussi documents, entretiens inédits, etc. Du délicieux Ohayo, sur deux gamins entamant une grève de la parole, au discrètement bouleversant Herbes flottantes, il y a là comme un concentré de bonheur. S'ouvrant au lendemain de la catastrophe du Titanic, la série de Julian Fellowes, le scénariste du Gosford Park de Robert Altman, aura, six saisons durant (de 2010 à 2015), fait le bonheur des amateurs de drames historiques à la très corsetée saveur british. Portrait choral classieux d'une aristocratie anglaise en pleine déliquescence, Downton Abbey sonde la manière, souvent vertigineuse, dont la grande Histoire se répercute sur les destins individuels. Personnage à part entière de ce period drama feuilletonnant au canevas renoirien en diable, l'élégante demeure édouardienne de la famille Crawley, symbole au charme fané du petit théâtre bien ordonné d'une vie de château gagnée bien malgré elle par les vents de la modernité, voit le jeu des convenances régissant les rapports entre maîtres et domestiques se gripper toujours un peu plus, même s'il s'agit inlassablement de sauver les apparences. Aux 52 épisodes de la série se joint le long métrage dispensable sorti l'an dernier dans ce coffret définitif comptant plus de cinq heures de bonus. En attendant le prequel Furiosa avec la reine de la mise en échec(s) Anya Taylor-Joy, on se replongera avec délectation dans cette anthologie Mad Max qui regroupe -forcément- les trois volets gibsonniens (1979, 1981 et 1985) de cet opéra nihiliste et dégénéré élevant ses engins de mort motorisés en objets de fascination quasiment fétichiste, mais aussi leur suite tardive, film-monstre de tous les excès chorégraphié comme un ballet d'affreux joyeusement convertis à l'ultraviolence orgiaque: Fury Road (2015). Si le troisième épisode, plus héroïque et bien-pensant, est de loin le plus faible, la saga dystopique et post-apocalyptique de George Miller n'a rien perdu de sa pertinence enragée avec les années. Un documentaire de plus d'une heure dans les coulisses de la bête et des scènes inédites assez folles de Fury Road complètent cet incontournable objet. C'est le bon moment de se replonger dans Kaamelott. Initialement prévue en novembre, la sortie du film dérivé de la série d'Alexandre Astier a bien sûr été repoussée à 2021. En attendant, c'est toujours rire en barre assuré avec les six saisons des mésaventures du roi Arthur et sa clique de bras cassés, ici compilées dans un coffret mastoc où les 458 épisodes s'accompagnent de généreux suppléments: bêtisier, illustrations originales... Sympathique? C'est pas faux... L'erreur judiciaire est au coeur de ce coffret réunissant quatre drames carcéraux. Soit, dans l'ordre chronologique, The Shawshank Redemption et The Green Mile, adaptés par Frank Darabont d'après Stephen King, True Crime, de Clint Eastwood, et le récent Just Mercy, de Destin Daniel Cretton, autour du combat de l'avocat Bryan Stevenson pour arracher au couloir de la mort des détenus injustement condamnés. Classique, mais toujours d'actualité.