Plus de matchs de foot, de classiques cyclistes et de tournoi des Six Nations. Suspensions de championnats, report des Grands Prix de Formule 1 et pas de Roland-Garros. Il fait vide en ce début de printemps pour les amateurs de sport à la télé. Tandis que les chaînes spécialisées piochent allègrement dans leurs archives pour consoler leurs abonnés (mouais), Netflix possède dans son catalogue quelques documentaires intéressants.
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Plus de matchs de foot, de classiques cyclistes et de tournoi des Six Nations. Suspensions de championnats, report des Grands Prix de Formule 1 et pas de Roland-Garros. Il fait vide en ce début de printemps pour les amateurs de sport à la télé. Tandis que les chaînes spécialisées piochent allègrement dans leurs archives pour consoler leurs abonnés (mouais), Netflix possède dans son catalogue quelques documentaires intéressants. Ça commence à Melbourne, quatre jours avant le Grand Prix d'Australie. "Celui où on baisse son froc et montre ce qu'on a dans le pantalon." Pilotes de leur destin est une immersion dans le monde impitoyable de la Formule 1. Cinq continents, 21 courses, dix équipes, 20 pilotes... Portée par le succès de sa première saison qui retraçait depuis ses coulisses le championnat 2018, la série documentaire produite par James Gay-Rees (Exit Through the Gift Shop, Senna, Amy...) se penche désormais sur la compétition 2019. En dix épisodes d'environ une demi-heure, Drive to Survive (son titre anglais) raconte la F1 depuis les paddocks. Il y a les rivalités, les soucis techniques, les histoires de gros sous, la pression de tous les instants à tous les échelons... Rythmé, bien monté, all access ou presque (même Mercedes et Ferrari ont participé), Pilotes de leur destin plonge, haletant, dans le grand cirque d'une discipline où la première personne à battre est souvent son propre équipier. Preuve que le sport n'est pas intéressant que dans le direct. La Formule 1 comme vous ne l'avez jamais vue... Nourri par le culte de la victoire, le sport glorifie les champions et les winners. Et célèbre le premier tout en effaçant souvent très vite le deuxième des esprits et des tablettes. À vaincre sans péril on triomphe sans gloire et une défaite avec panache vaut parfois bien mieux qu'une victoire sans éclat. La série documentaire de Mickey Duzyj met à l'honneur huit beautiful losers, perdants magnifiques aux destins improbables et aux palmarès inachevés. Il y a le boxeur Michael Bentt qui n'aimait pas le ring, avait des envies de suicide, a remporté un titre poids lourds WBO, est tombé dans le coma et s'est reconverti dans le cinéma (avec Michael Mann, Clint Eastwood). La patineuse Surya Bonaly, fille adoptive de parents globe-trotteurs, trop moderne pour les juges, qui refusait de monter sur les podiums. Mais aussi les modestes footballeurs de Torquay, sur la Riviera anglaise, qui ont lutté contre la relégation et se sauvèrent in extremis malgré les méfaits d'un chien policier. Une collection sympathique, pimentée par des séquences en dessin animé quand il s'agit de retracer le passé. Étonné par le fait que Lance Armstrong soit si longtemps passé entre les mailles des filets de la tricherie, un cycliste américain se met en tête de prouver que le système de détection est bidon. Après avoir terminé à la quatorzième place de la Haute Route, une des courses pour amateurs les plus dures au monde, il décide de réessayer avec un programme de dopage complet et tous les trucs nécessaires pour contourner les contrôles. Fogel gobe des gélules, s'administre des injections... Le hasard a mis sur sa route Grigory Rodchenkov, directeur du laboratoire antidopage moscovite. Un homme affable et mystérieux, diplômé en chimie, à qui sa propre mère faisait des piquouzes du temps où il pédalait dans le peloton. Tandis qu'éclate au grand jour la triche étatique russe, Icare se mue en portrait du repenti, devenu lanceur d'alerte, et en une chronique de l'un des plus grands scandales de l'Histoire du sport. Une enquête passionnante et un thriller documentaire plein de rebondissements, récompensé aux Oscars. "Il a dit que c'était la main de Dieu. J'ai répondu que c'était la main d'un vaurien." Ces mots relatifs à la plus célèbre mimine de l'Histoire du ballon rond, celle intentionnelle et victorieuse de Maradona en quart de finale du Mondial mexicain, sont ceux de Bobby Robson. À l'époque, Sir Bobby est l'entraîneur de sa malheureuse victime, l'équipe nationale britannique. Il a déjà remporté la Coupe d'Angleterre avec Ipswich mais pas encore pris en main la destinée de grands clubs européens. Ce documentaire s'ouvre avec l'arrivée du cancer dans sa vie et sa signature en 1996 au FC Barcelone. Puis la vie d'un mentor. Ronaldo (qu'il a fait débarquer au Barça), Guardiola (qu'il a eu sous ses ordres), José Mourinho (qu'il a eu pour assistant) mais aussi Alan Shearer, Gary Lineker ou encore son protégé, cette tête brûlée de Paul Gascoigne, racontent un type pour qui un club est avant tout un bruit, une passion, un sentiment d'appartenance et la fierté d'une ville. Old school.