C'est l'histoire d'un gamin qui avait peur des orages mais décida de faire face à ses craintes et de dessiner la fulgurance des éclairs. Celle d'un Allemand anti-nazi qui servit dans la légion étrangère et perdit une jambe à la guerre. Né en 1904 à Leipzig, Hans Hartung n'était ni un peintre ni un homme tout à fait comme les autres. Touche-à-tout génial qui aimait Rembrandt, Goya et les taches, Hartung est le pionnier de l'abstraction lyrique. Comme le Musée d'art moderne de la ville de Paris qui le raconte jusqu'au 1er mars en 400 peintures, dessins et photographies dans l'exposition La Fabrique du geste, le documentaire de Romain Goupil brosse à coups d'extraits de ses mémoires et d'images d'archives le portrait d'un artiste étonnant et méconnu. Un mec issu de la petite bourgeoisie mais resté longtemps très pauvre, dont de nombreuses oeuvres que beaucoup crurent spontanées étaient peintes avec une grande minutie et de petits pinceaux. L'urgence de la spontanéité...