En perpétuelle expansion, la terminologie du jeu vidéo n'a pas de vocable décrivant la résonance entre gameplay, pitch et identité visuelle. Les ressorts ludiques et les paysages d'Ico exhalent pourtant une poésie muette lui conférant une homogénéité notable. Retentissant également entre les sauts périlleux et le monde technicolor de Mario, cet écho traverse aussi Call of Duty, depuis 17 ans déjà. La glorification basse du front et la trivialité à outrance de l'acte militaire se réverbèrent ainsi dans son action FPS sans réflexion. Un leitmotiv dont Call of Duty: Black Ops Cold War tente de vaguement se détourner. Les mauvais...

En perpétuelle expansion, la terminologie du jeu vidéo n'a pas de vocable décrivant la résonance entre gameplay, pitch et identité visuelle. Les ressorts ludiques et les paysages d'Ico exhalent pourtant une poésie muette lui conférant une homogénéité notable. Retentissant également entre les sauts périlleux et le monde technicolor de Mario, cet écho traverse aussi Call of Duty, depuis 17 ans déjà. La glorification basse du front et la trivialité à outrance de l'acte militaire se réverbèrent ainsi dans son action FPS sans réflexion. Un leitmotiv dont Call of Duty: Black Ops Cold War tente de vaguement se détourner. Les mauvaises langues prétendent que Call of Duty a pour seul mérite de servir de contre-exemple extrême pour qui veut expliquer l'humanité et l'intelligence de certains jeux indés. Difficile de leur donner entièrement tort tant la campagne solo de Black Ops Cold War fait preuve d'un dirigisme à tous crins. "N'oublie pas de fouiller la cabine du garde à l'entrée!", "Vite, par ici, ça va exploser!". Compagnon d'armes, interrogatoire en flash-back, talkie-walkie... Le FPS abuse d'outils pour sans cesse marteler au gamer ce qu'il doit faire en pleine mission. Celui qui prend son temps avant de déclencher le prochain script se retrouve d'ailleurs dans une boucle façon eXistenZ de David Cronenberg. Plongée en pleine guerre froide, cette ultra linéarité permet toutefois à Treyarch d'aménager des moments de fureur mémorables. Homériques. De vraies bonnes idées de mise en scène pointent ainsi lors de l'évasion d'un quartier américain factice recréé dans une base militaire soviétique. Faisant également monter la tension lors de l'infiltration du KGB à Moscou, le moins doué des deux studios chargés des Call of Duty traîne aussi son lot de missions entendues. De l'assaut d'un palais gouvernemental à Cuba aux variations amnésiques d'un passage au Viêtnam, ces segments ne durent heureusement pas très longtemps, à l'image des seize chapitres du jeu. Pensé pour des millennials peinant à se concentrer, ces derniers se vivent en fait comme un rail shooter moderne. Ce descendant sophistiqué des trains fantômes offre toujours un excellent feeling à la gâchette. Sublimé par le framerate des next-gen, le jeu, jamais à court de munitions, évoque souvent un tir aux canards. On regarde ses adversaires courir et se planquer derrière des caisses en attendant que leur tête dépasse pour tirer. Sautant entre des ogives nucléaires volées, Ronald Reagan et Gorbatchev (en personne!), Cold War, ce gros balèze demande parfois de trouver des indices menant vers un code de coffre-fort. De crocheter une serrure ou de pirater un ordinateur, aussi. Le castagneur a aussi des envies d'élimination furtive et offre même des itinéraires bis. Mais il ne trompe personne. Son "minimum input/maximum output" donne ainsi l'impression au joueur d'accomplir des exploits sans lui demander d'effort. Flatter le joueur: la recette du succès des Call of...