Le projet

Depuis près de trois ans, le dessinateur français Allan Barte produit des dessins de presse qu'il poste gratuitement sur les réseaux sociaux. Mais face au succès de ceux-ci, il a été confronté à un choix: " Ralentir les dessins de presse ou bien trouver un moyen d'en tirer un revenu quelconque, tout en restant indépendant". Il a donc ouvert un compte sur le réseau Tipeee, une plateform...

Depuis près de trois ans, le dessinateur français Allan Barte produit des dessins de presse qu'il poste gratuitement sur les réseaux sociaux. Mais face au succès de ceux-ci, il a été confronté à un choix: " Ralentir les dessins de presse ou bien trouver un moyen d'en tirer un revenu quelconque, tout en restant indépendant". Il a donc ouvert un compte sur le réseau Tipeee, une plateforme de financement participatif fondée sur le principe du pourboire: on ne soutient pas un projet en particulier, mais le travail d'un auteur en général. Des "tips" qui peuvent être mensualisés. 51 000 créateurs y sont déjà présents. Allan Barte collecte aujourd'hui près de 1 000 euros par mois (moins les 8% que prélèvent Tipeee et les frais d'envoi de contreparties); dans ses objectifs affichés, cela correspond au niveau "Adieu la pauvreté", mais loin encore du niveau "Smicard". Les dessins de presse qu'il publie quotidiennement ont également déjà fait l'objet de deux volumes chez le jeune éditeur Ant Éditions, via là aussi un crowdfunding, cette fois sur Ulule, et qui a rapporté plus de 28 000 euros. " Cela nous a surtout permis d'ajuster le volume d'impression à la demande." Outre Vivre en Macronie, disponible en librairies, Allan continue de montrer ses dessins sur ses réseaux sociaux, tout en gardant des tirages et des inédits pour sa communauté Tipeee. " Le Tipeee, c'est pour moi l'opportunité d'être indépendant à double titre, d'un point de vue politique, et vis-à-vis des grands éditeurs. Je bénéficie d'une très chouette communauté. Je ne peux pas encore dire que ça permet de financer entièrement mon activité, mais c'est quelque chose qui se construit dans la durée. Et je préfère bâtir un radeau avant le déluge: le niveau de vie des auteurs s'effondre. Ça y est, j'ai mon petit radeau!"