Il y a 40 ans, l'auteur de bandes dessinées Maurice Tillieux décédait subitement dans un accident de voiture, à l'âge de 56 ans. Une ultime mauvaise blague de celui qui adorait justement en dessiner, des blagues et des accidents de voitures, que ce soit dans Gil Jourdan, sa série la plus connue, dans Marc Jaguar ou dans Félix, mais également en imaginer dans les scénarios qu'il produisait pour Natacha, Tif & Tondu ou ...

Il y a 40 ans, l'auteur de bandes dessinées Maurice Tillieux décédait subitement dans un accident de voiture, à l'âge de 56 ans. Une ultime mauvaise blague de celui qui adorait justement en dessiner, des blagues et des accidents de voitures, que ce soit dans Gil Jourdan, sa série la plus connue, dans Marc Jaguar ou dans Félix, mais également en imaginer dans les scénarios qu'il produisait pour Natacha, Tif & Tondu ou Jess Long. Une longue carrière protéiforme -on lui doit aussi des séries humoristiques comme César ou Marc Lebut, des tonnes de dessin et mille autres projets souvent avortés-, fondamentale pour beaucoup d'auteurs et d'amateurs, mais encore, sans doute, mal identifiée par le grand public. Tous ont désormais l'occasion de (re)découvrir ce "Simenon de la BD" qui se revendiquait de Hergé, Franquin et Peyo, en se rendant à Huy, la ville où est né ce Français d'origine et où il a vécu une partie de sa jeunesse: deux expositions, cornaquées par le centre culturel et une kyrielle de connaisseurs et de proches, lui rendent un hommage à sa mesure pour ce qui est sans doute la plus grande rétrospective à lui avoir été consacrée, via des tonnes de documents, originaux et archives. Maurice Tillieux revient retrace ainsi sa longue carrière, riche mais chaotique -si ses débuts datent de 1936, il mettra par exemple plus de 20 ans à s'imposer chez Spirou, en passant d'abord par d'innombrables travaux de commande ou de périodiques comme Bimbo, Jeep, Héroïc-Albums ou Risque-Tout. Maurice Tillieux, le risque-tout du récit policier approfondit, elle, son appétence pour les polars et récits policiers semi-réalistes dont il reste un maître indétrônable: Tillieux n'avait pas son pareil pour exprimer le mouvement et les courses-poursuites, tout autant que les atmosphères anxiogènes et volontiers pluvieuses. Un goût du sombre tempéré par un humour pince-sans-rire et plein de calembours renvoyant à Audiard.