Elles ne sont pas jumelles, mais presque: dix mois seulement séparent Juillet (la cadette) de Septembre (l'aînée), si fusionnelles que la plus jeune pourrait connaître les pensées de l'autre rien qu'en lui mordant le bras. Elles viennent de quitter précipitamment Oxford pour le Yorkshire. Leur Settle House, propriété de leur tante, se révèl...

Elles ne sont pas jumelles, mais presque: dix mois seulement séparent Juillet (la cadette) de Septembre (l'aînée), si fusionnelles que la plus jeune pourrait connaître les pensées de l'autre rien qu'en lui mordant le bras. Elles viennent de quitter précipitamment Oxford pour le Yorkshire. Leur Settle House, propriété de leur tante, se révèle une vraie maison-personnage, nettement moins douillette que ne le laissait supposer son nom. Très autonomes, les adolescentes se déguisent en jumelles de Shining pour Halloween ou menacent de dénonciation des hommes plus âgés sur des sites de rencontre. Juillet, la narratrice, va se révéler engluée dans une relation d'emprise tendre avec Septembre. L'aînée l'a certes protégée des attaques de trois pestes de leur précédent lycée, mais lui fait aussi dépasser les limites pour mieux consolider son ascendant. Quelle est la vraie nature de l'incident survenu dans la cabane de tennis et les a obligées à déménager? Depuis son recueil Fen (pas encore traduit) situé dans les landes marécageuses et son très beau Tout ce qui nous submerge teinté de mythologie et de secrets familiaux, on sait Daisy Johnson en pleine maîtrise des codes de la littérature de genre. C'est en héritière joueuse de Shirley Jackson que la jeune autrice anglaise déploie son récit d'émancipation atmosphérique et retors. Elle laisse la voix troublée de Juillet toquer aux parois du texte pour se faire entendre et distille adroitement des indices qui, pour peu qu'on y prenne garde, feront douter de ce qui se joue vraiment entre les soeurs... Jusqu'au twist final. On en redemande!