"Shabrang"

Née en Iran (Téhéran, en 1987), arrivée aux Pays-Bas à l'âge de cinq ans, Sevda Alizadeh a entamé une carrière dans le basket (elle a même joué en équipe nationale), avant de bifurquer et de se lancer dans la voie artistique. Dès le départ, elle en a fait une...

Née en Iran (Téhéran, en 1987), arrivée aux Pays-Bas à l'âge de cinq ans, Sevda Alizadeh a entamé une carrière dans le basket (elle a même joué en équipe nationale), avant de bifurquer et de se lancer dans la voie artistique. Dès le départ, elle en a fait une sorte de quête personnelle, donnant l'impression de mettre ses tripes dans chacun de ses morceaux. Trois ans après l'inaugural ISON, c'est encore cette indépendance farouche qui frappe sur Shabrang, deuxième album dont le titre renvoie au nom du cheval au pelage "couleur nuit", de Siyâvah, héros de la mythologie perse. Monté par Sevdaliza, l'animal légendaire traverse des paysages musicaux brumeux et sensibles, entre réminiscences trip hop évidentes ( Rhode, Wallflower), avant-pop théâtrale ( Oh My God) et dark électro ( Darkest Hour). Au jeu des références, il sera à nouveau difficile d'éviter de mentionner les noms de Björk ou encore Grimes. Sevdaliza réussit toutefois à proposer un univers singulier, à la fois intime et spectaculaire. À fleur de peau, sa musique est souvent faite de notes de piano solitaires, de cordes orientales déchirantes ( Habibi, Joanna), ponctuée de touches électroniques décharnées. La confirmation d'une personnalité parmi les plus intrigantes de la pop actuelle.