"Le nucléaire est l'énergie la plus propre au monde". Ce refrain entendu depuis des décennies dans la bouche de spécialistes liés à cette industrie commence tout doucement à dissoner. Et sa petite musique qui tourne en boucle ressemble de plus en plus à une mauvaise méthode Coué, d'autant plus flippante qu'elle souffre...

"Le nucléaire est l'énergie la plus propre au monde". Ce refrain entendu depuis des décennies dans la bouche de spécialistes liés à cette industrie commence tout doucement à dissoner. Et sa petite musique qui tourne en boucle ressemble de plus en plus à une mauvaise méthode Coué, d'autant plus flippante qu'elle souffre peu les remises en question. Et pourtant, depuis Tchernobyl et Fukushima, la sûreté nucléaire n'est plus un sujet inviolable, elle s'invite dans les préoccupations qui ne sont plus uniquement celles des écologistes ou des activistes de Greenpeace. Classée secret défense, la sécurité des installations est un domaine opaque, caché derrière un épais nuage de mystère et de non-dits. L'enquête sur les attentats de Bruxelles de mars 2016 a révélé aux yeux des plus dubitatifs que les centrales nucléaires constituaient des cibles potentielles. Diablement vulnérables à la plus triviale des tentative d'intrusion, elles peuvent se muer en armes de destruction massive. Bizarrement, en relevant les multiples failles de nos installations en termes de sécurité (on ne parle même pas ici des fissures, des incendies et autres incidents qui se répètent à un rythme délirant en Belgique depuis plusieurs années), des attentats-suicides aux drones (des images particulièrement choquantes montrent certains dispositifs testés en Syrie par l'État islamique) en passant par des bombes artisanales, le documentaire se mue en un vade-mecum exhaustif, un petit manuel à l'usage du parfait saboteur. Et perd en force de persuasion ce qu'il gagne en sensationnalisme.