Pour Universal Pictures, un des plus puissants studios hollywoodiens, les années 80 ne furent pas spécialement tristes. On y produisit avec succès des drames familiaux ( La Maison du lac), des films d'horreur ( Massacre dans le train fantôme) et d'heroic fantasy ( Conan le Barbare), de la science-fiction ( E.T. l'extraterrestre, The Thing, Retour vers le futur), du polar ( Scarface), des films pour ados ( The Breakfast Club) et des biopics ( Out of Africa, Gorilles dans la brume). Mais un genre particulièrement fécond pour la firme au logo encerclant la planète fut la...

Pour Universal Pictures, un des plus puissants studios hollywoodiens, les années 80 ne furent pas spécialement tristes. On y produisit avec succès des drames familiaux ( La Maison du lac), des films d'horreur ( Massacre dans le train fantôme) et d'heroic fantasy ( Conan le Barbare), de la science-fiction ( E.T. l'extraterrestre, The Thing, Retour vers le futur), du polar ( Scarface), des films pour ados ( The Breakfast Club) et des biopics ( Out of Africa, Gorilles dans la brume). Mais un genre particulièrement fécond pour la firme au logo encerclant la planète fut la comédie. Avec le génial et délirant Les cadavres ne portent pas de costard du tandem Steve Martin (acteur)-Carl Reiner (réalisateur), mais aussi avec quelques films d'humour populaire fort bien troussés. L'éditeur digital Elephant Films nous offre trois de ces comédies re-mastérisées et présentées en standard Blu-ray. Trois occasions de beaucoup rire, et de retrouver le visage d'acteurs parfois un peu oubliés. Dan Aykroyd s'était vu propulsé vers la gloire au tournant de la décennie avec le merveilleux Blues Brothers de John Landis, et aux côtés du regretté John Belushi. Il signe une autre performance de choix dans Dragnet, transposition d'une série policière télé où il joue les flics psychorigides face à un partenaire (le tout jeune Tom Hanks) nettement plus cool qui espère le décoincer tout en résolvant une affaire bien tordue. Le spectacle est très divertissant, et décoche quelques flèches bienvenues aux Tartuffes de l'Amérique moralisatrice, hypocrites dangereux que personnifie Christopher Plummer, l'homme qui allait -30 ans plus tard- remplacer Kevin Spacey une fois ce dernier "effacé" de Tout l'argent du monde. John Lithgow, autre oublié, est épatant en père de famille renversant en voiture un... Big Foot, cette créature mythique et velue, chaînon manquant entre le singe et l'humain. La suite de Big Foot et les Henderson est hilarante, avec ce qu'il faut de satire, de célébration de la différence et d'esprit écologique. Et Charles Grodin, dont personne ou presque ne se souvient aujourd'hui, donne enfin dans Midnight Run une réplique très savoureuse à un Robert De Niro au sommet de son art. En ex-comptable de la mafia qu'un ancien flic bougon doit protéger des menaces qu'on devine, Grodin confronte son calme souriant et un rien candide à l'énervement d'un partenaire fumant comme une cheminée tout en offrant tout le registre dont était capable l'acteur de Taxi Driver, du Parrain, de Raging Bull et des Affranchis. Que du bonheur, en somme!