C'est un exercice auquel on a pris goût. Mieux, on l'attend avec impatience. Cela fait quelques années (depuis 1997, en réalité) que l'ASBL Contretype invite des photographes en résidence. En contrepartie, ceux-ci livrent une série d'images, plus ou moins inspirées, de la capitale. S'il y a eu des temps forts -Bernard Plossu, Marie-Noëlle Boutin, Philippe Herbet, Satoru Toma...-, on ne se souvient en revanche pa...

C'est un exercice auquel on a pris goût. Mieux, on l'attend avec impatience. Cela fait quelques années (depuis 1997, en réalité) que l'ASBL Contretype invite des photographes en résidence. En contrepartie, ceux-ci livrent une série d'images, plus ou moins inspirées, de la capitale. S'il y a eu des temps forts -Bernard Plossu, Marie-Noëlle Boutin, Philippe Herbet, Satoru Toma...-, on ne se souvient en revanche pas de flop complet, de carte postale inerte. Logique: il y a toujours quelque chose que l'on n'avait pas vu dans l'oeil d'un hors-venu... Même si parfois cette posture consiste à endosser un rôle de composition -on pense à Chantal Maes, par exemple. En 2017, ce fut au tour d'Alexandra Demenkova (1980), talent qui vit et travaille à Saint-Pétersbourg, d'arpenter artères et ruelles bruxelloises. Dans une petite note d'introduction, la Russe explique la dialectique anticipation-déception qui préside à tout projet de résidence. " Vous élaborez un plan. Et puis, pour différentes raisons, beaucoup de choses ne se passent pas comme prévu", consigne-t-elle de manière explicite. Il reste que c'est de ce hiatus que naît l'émotion. Sa suite d'images en noir et blanc en témoigne de façon lumineuse. On se fabrique une fiction devant des photographies qui témoignent d'une démarche d'ouverture ayant permis à l'intéressée de se glisser au coeur de multiples intimités. C'est fort là où il serait tentant de recourir au cliché volé, voir au zoom. Mention particulière aux prises de vues associant êtres humains et animaux plus ou moins domestiques. Sur fond d'ultra-moderne solitude, ceux-là font sentir des manières d'habiter la ville totalement inédites, ce qui est l'intérêt de l'exercice. Un peu plus distancié, il y a aussi ce portrait tendre d'un homme marqué par l'âge dont le visage endormi laisse entrevoir une probable sérénité pour l'humanité. Le temps d'un voyage en train par une belle journée d'été. Le temps passe, l'espace défile, il demeure.