"Oraison"

Allergique au studio ou tout comme, mais n'ayant pas vraiment eu le choix des armes (coronavirus oblige), Raphaël Imbert a enregistré cet album dans une pièce " lumineuse" qui ne serait, en fait, que le bureau qu'il occu...

Allergique au studio ou tout comme, mais n'ayant pas vraiment eu le choix des armes (coronavirus oblige), Raphaël Imbert a enregistré cet album dans une pièce " lumineuse" qui ne serait, en fait, que le bureau qu'il occupe au conservatoire de Marseille. Compositeur de la totalité des titres (17 au total!), le saxophoniste (soprano, alto, ténor) et clarinettiste (basse) a voulu célébrer le village provençal où il réside -l'un des rares à avoir baptisé chacune de ses rues du nom d'un soldat mort à la guerre de 14-18 ou d'un résistant assassiné lors de la suivante- et dont- le nom, Oraison, est à lui seul un poème mais aussi une injonction. Tout l'album (même s'il peut s'écouter hors de ce contexte) se veut une méditation spirituelle partagée entre le portrait mémoriel des disparus et l'introspection picturale de la nature alentour, traduite par des ambiances vives ou rêveuses, selon. Entouré du batteur Mourad Benhammou, du contrebassiste Pierre Fenichel et du pianiste Vincent Lafont, le saxophoniste nous offre ici un album aussi beau que profond.