Artiste gantoise installée en Californie, Lotte Van De Walle (1985) possède ce genre de "petite musique" visuelle qui tinte doucement à nos oreilles... et sans doute aux vôtres. C'est donc un vrai bonheur de retrouver ses sonates intimistes, des pièces que l'on dirait composées pour des chambres feutrées ou des serres chaudes, à la faveur des expositions régulièrement programmées ...

Artiste gantoise installée en Californie, Lotte Van De Walle (1985) possède ce genre de "petite musique" visuelle qui tinte doucement à nos oreilles... et sans doute aux vôtres. C'est donc un vrai bonheur de retrouver ses sonates intimistes, des pièces que l'on dirait composées pour des chambres feutrées ou des serres chaudes, à la faveur des expositions régulièrement programmées par la galerie DYS. Son style est reconnaissable entre mille, lui qui suggère l'apparition, le retour d'outre-tombe, voire à certains moments une sorte de conte oriental halluciné. Quel que soit le support sur lequel elle se répand -papier, toile, huile-, Van De Walle suggère des aventures au fil desquelles on se laisse embarquer. Tout au long de ses compositions dont les contours évoquent un certain goût pour le psychédélisme seventies, l'oeil pénètre dans un monde délicat et fluide où les couleurs s'interpénètrent. Ici, rien n'est défini une fois pour toutes, la miniaturiste qu'elle est propose des agencements inépuisables dans lesquels l'arrière-fond vient sans cesse hanter l'avant-plan, à la manière d'un remord. Ce qu'il faut également noter, en plus de la richesse de l'iconographie, c'est son originalité baroque. Difficile de se situer face à ce foisonnement possédant quelque chose d'à la fois premier, comme on dit les "arts premiers", et de contemporain. Un conte de fées qui aurait mal tourné? Cette impression ne quitte pas le visiteur qui s'éprouve à la fois aimanté et repoussé par les scènes qui palpitent sous son regard. Celui-ci n'est pas étonné d'apprendre que les 72 planches exposées forment un grand ensemble destiné à devenir un livre. Difficile de ne pas fantasmer sur celui-ci, quelque part au croisement des danses macabres mexicaines et d'un Tim Burton libéré des contraintes du cinéma.