22 février 2015, le titre de champion de France du 400 mètres en poche, Toumany Coulibaly ne sabre pas le champagne. Il pose sa médaille, attrape une cagoule et part cambrioler une boutique de téléphones portables. Cette histoire vraie est celle du jeune Malien, cinquième d'une fratrie de 18 enfants, arrivé sur le tard à ...

22 février 2015, le titre de champion de France du 400 mètres en poche, Toumany Coulibaly ne sabre pas le champagne. Il pose sa médaille, attrape une cagoule et part cambrioler une boutique de téléphones portables. Cette histoire vraie est celle du jeune Malien, cinquième d'une fratrie de 18 enfants, arrivé sur le tard à l'athlétisme après la découverte d'Usain Bolt en 2008. Coulibaly est un diamant brut: après un an d'entraînement, il devient vice-champion de France Élite. Mais l'athlétisme est un sport de pauvres. L'étudiant a beau courir vite, il demeure ce jeune fauché d'une cité de la banlieue sud, qui ne sait pas dire non. Vol de casquettes, survêtements, Toumany connaît sa première garde à vue à neuf ans... Après l'immersion dans un service de la protection judiciaire de la jeunesse ( Sale gosse), Mathieu Palain se passionne pour son histoire: outre les médailles, quinze condamnations pour cambriolages et vols à l'arraché. Au parloir, les deux hommes sympathisent. " À Clairefontaine, je voyais les footballeurs débarquer en Ferrari, en Lamborghini, et moi j'étais là, avec mon survêt' de l'équipe de France, pas un euro en poche, (...) je volais à l'étalage pour que mes gosses aient des couches sur les fesses, je piquais des boîtes de thon, c'était trop." Journaliste pour la revue XXI, Palain confirme son goût pour le récit-reportage à l'épreuve du réel. Contournant le biopic, il interroge les chemins qui forgent un destin et le "Banlieusard Syndrome": " le truc qui fait qu'on a beau chercher à s'enfuir, le quartier nous rattrape".