DE RAOUL PECK. AVEC ZINEDINE SOUALEM, SONIA ROLLAND, MIREILLE METELLUS.
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DE RAOUL PECK. AVEC ZINEDINE SOUALEM, SONIA ROLLAND, MIREILLE METELLUS. Drôle de sensation après la vision de ce téléfilm. Comme une envie de dire "qu'est ce que c'est que foutoir?", mais en apportant des nuances à ce jugement lapidaire. Ancien ministre haïtien de la Culture, le cinéaste Raoul Peck ( Lumumba, L'Affaire Villemin...) a produit, coécrit et réalisé ce Moloch Tropical, fable grinçante et shakespearienne sur le pouvoir qu'il viendra présenter au Bozar, le 11 septembre prochain. Elle conte les dernières 24 heures en poste du président de Jean de Dieu Théogène, élu démocratiquement mais aveuglé par la fonction et coupé de son socle populaire. Reclus dans son palais, au sommet d'une montagne où l'action va essentiellement se dérouler -une métaphore de la tour d'ivoire-, le président va voir peu à peu ses soutiens s'écrouler, au fil d'une journée où la révolte de la rue va s'affirmer et se rendre incontournable. Reconnaissons à Raoul Peck un certain sens de la satire. Et une connaissance très certainement bien consommée des us et coutumes de la politique haïtienne, même si cette fable ne prend le pays récemment sinistré que comme prétexte contextuel à une histoire bien plus universelle. Avouons également qu'il fallait du cran pour demander à Zinedine Soualem, l'un des acteurs fétiches de Klapisch (on se rappelle notamment de sa formidable interprétation de simplet dans Chacun cherche son chat), d'endosser le costume présidentiel. Du cran, mais également du doigté: là, malheureusement, on ne peut pas dire que le réalisateur parvienne à tirer de Soualem autre chose qu'un jeu spasmatique, habité certes, mais aussi peu crédible (notamment quand il se répand en brutalité sexuelle dès qu'il parle à une femme, au-delà du fait, évidemment, qu'il a dû inventer un accent créole) que le reste celui casting entier. Sauf qu'il l'on se plonge dans Moloch Tropical en s'attendant à découvrir une pièce de théâtre filmée, avec un surjeu permanent et des situations improbables. Voir l'ex-Miss France, Sonia Rolland, en première dame d'origine américaine, lâchant par-ci par-là quelques phrases en anglais, n'est pas idéal non plus pour franchir la chape d'incrédulité que nous inspirent les situations du film. Tout sonne globalement faux, du premier au dernier plan. Et c'est dommage. Guy Verstraeten