Sa définition des talents requis pour être un acteur est restée fameuse: "Connaître ses répliques et éviter de se cogner aux meubles." Un point de vue laconique, relativiste, détaché, comme les affectionnait le grand Robert Mitchum, "bad boy" patenté de Hollywood et comédien d'une rare puissance, auquel la Cinematek rend hommage dans un vaste programme s'étendant de mars à fin mai. L'homme aura donné bien des sou...

Sa définition des talents requis pour être un acteur est restée fameuse: "Connaître ses répliques et éviter de se cogner aux meubles." Un point de vue laconique, relativiste, détaché, comme les affectionnait le grand Robert Mitchum, "bad boy" patenté de Hollywood et comédien d'une rare puissance, auquel la Cinematek rend hommage dans un vaste programme s'étendant de mars à fin mai. L'homme aura donné bien des soucis aux responsables des studios, comme à l'automne de 1948, quand il fut arrêté pour possession et utilisation de marijuana (avec à la clé une sentence de 60 jours en prison). Il soutient aussi avoir expédié son poing dans la figure d'un policier, ce qui n'amusa que très modérément les services presse et juridique de la RKO, où il était sous contrat à l'époque... Devant la caméra, "Mitch" était par contre un cadeau! Une combinaison de force tranquille (quasi minérale, parfois), de pure présence animale et de charme langoureux, le regard du séducteur et celui du tueur potentiel étant aussi proches que ses deux mains tatouées, l'une avec "LOVE" et l'autre avec "HATE", dans le chef-d'oeuvre de Charles Laughton The Night of the Hunter (1955). Un film où il incarne de saisissante façon un pasteur assassin de veuves qu'il dépouille sans l'ombre d'un scrupule après les avoir épousées puis tuées... Le film noir fut logiquement un des genres favoris du grand (1m85) Robert. Et cela de Undercurrent (Minnelli, 1946) au remake de Cape Fear par Scorsese (1991) en passant par Crossfire (Dmytryk, 1947), Out of the Past (Tourneur, 1947), The Big Steal (Siegel, 1949), Where Danger Lies (Farrow, 1950), Angel Face (Preminger, 1952), le Cape Fear original de 1962 et l'attachant Farewell, My Lovely (Richards, 1975). Mais c'est au western qu'il doit ses plus gros succès populaires, notamment River of No Return (Preminger, 1954) et El Dorado (Hawks, 1967). Mitchum a tourné 135 films au total. La rétrospective de la Cinematek en propose une bonne trentaine, les meilleurs. Jusqu'au 26/05 à la Cinematek, 9 rue Baron Horta, 1000 Bruxelles. www.cinematek.bE Louis Danvers