Le réalisateur de Retour à Kinshasa filme au plus près Honorine Munyole, une officier de police pugnace et volontariste qui a dirigé durant quinze ans la brigade de la protection de l'enfance et de la lutte contre les violences sexuelles de Bukavu, en République démocratique du...

Le réalisateur de Retour à Kinshasa filme au plus près Honorine Munyole, une officier de police pugnace et volontariste qui a dirigé durant quinze ans la brigade de la protection de l'enfance et de la lutte contre les violences sexuelles de Bukavu, en République démocratique du Congo, dans une région sud-est ravagée par la guerre. Le viol y a été utilisé de manière systématique par toutes les parties du conflit, comme arme de destruction. À Kisangani, la troisième plus grande localité du pays, elle passe du rôle de flic à celui de juge, de thérapeute, d'éducatrice: elle tance ou dialogue avec les militaires, dignitaires, avocats; elle héberge et conseille les victimes. Son courage, son dévouement et sa fermeté à l'égard des bourreaux lui a valu le surnom de "Maman Colonelle", elle qui a démarré sa carrière en s'occupant des cas d'enfants sorciers à la fin des années 90. Entre cet épisode, encore douloureux et actuel, et la guerre "des Six Jours" de juin 2000, pendant laquelle les armées ougandaise et rwandaise se sont livrées à des massacres et à des viols de masse, la figure d'Honorine Munyole permet d'ausculter un pan de l'Histoire du Congo. Puissant et engagé, le documentaire laisse aussi un témoignage poignant sur le sort des femmes soumises à des exactions d'une atrocité sans nom, une situation qui ne peut plus laisser indifférent.