Cinq filles "identiques" déboulent et brouillent les pistes. Qui est qui? Passo de la chorégraphe italienne Ambra Senatore ouvre le festival par une danse qui joue sur la vraie-fausse réalité des identités... Welcome au Festival International des Brigittines, théâtre-danse, où l'art ne sera jamais un miroir de la réalité mais plutôt un voyage dans ses souterrains. Le lieu souligne d'ailleurs le décalage: une chapelle désacralisée, à peine aménagée, accouplée depuis 2007 à son double en verre et en acier. Architecture singulière pour un festival de scènes "bizar...

Cinq filles "identiques" déboulent et brouillent les pistes. Qui est qui? Passo de la chorégraphe italienne Ambra Senatore ouvre le festival par une danse qui joue sur la vraie-fausse réalité des identités... Welcome au Festival International des Brigittines, théâtre-danse, où l'art ne sera jamais un miroir de la réalité mais plutôt un voyage dans ses souterrains. Le lieu souligne d'ailleurs le décalage: une chapelle désacralisée, à peine aménagée, accouplée depuis 2007 à son double en verre et en acier. Architecture singulière pour un festival de scènes "bizarres" qui s'amuse, au fil des éditions thématiques, à décaler la réalité et dérouter nos perceptions. Rebelote en 2011, l'édition nous embarque carrément dans "les erreurs du rêve". "Une formule qui se ferait lyncher par les psychanalystes de tous bords, puisqu'elle soutiendrait que l'inconscient peut se tromper, sourit Patrick Bonté, programmateur du festival . Plus modestement, il s'agit de souligner l'importance de la suggestion dans la réalité comme dans l'art. La formule du festival pose donc une question. Le rêve peut-il nous induire en erreur? Une question posée aussi à l'art. Art et rêve sont polysémiques, sans vérité déclarée. Ils nous font voyager dans une réalité fantasmatique, une étrangeté qui nous concerne de près ou de loin. Le festival propose des spectacles qui nous transposent dans "un ailleurs", où l'imagination du spectateur peut se débrider, s'interroger et si possible se projeter dans des dimensions inexplorées de nous-mêmes." Le festival est certes pointu mais il reste convivial, réunissant un public d'amateurs et d'initiés qui se plaît à être surpris au gré des ovnis scéniques. A épingler: 2 chorégraphies autour de la sculpture vivante dans David et Victorine, une danse siamoise avec Monster Project, une famille hantée dans Tourniquet, du quotidien rejoué à l'identique pour I need a witness to perform et un spectacle découverte du chorégraphe français Heddy Maalem dans Mais le diable marche à nos côtés... Patrick Bonté de poursuivre: " Avec humour et malice, Passo joue sur la confusion. Tourniquet diffuse un cauchemar dans un carrousel d'actions obsessionnelles où les personnages sont dans un entre-deux. Avec David d'Ayelen Parolin et Victorine de Lorenzo et Savary, c'est un voyage à travers la statuaire posée sur son premier problème, le socle... Mais le diable marche à nos côtés est une pièce frénétique où, dans un espace couvert de tourbe, des danseurs font des rencontres improbables les uns avec les autres. Les rencontres ne se font jamais réellement, les lieux n'en sont pas vraiment, comme un grand rêve vif sur la modernité mondialisée... A chaque spectacle, des situations s'installent dans notre propre imaginaire, des réalités qui peuvent croiser l'erreur."FESTIVAL INTERNATIONAL DES BRIGITTINES, PETITE RUE DES BRIGITTINES, À 1000 BRUXELLES, DU 19/08 AU 3/09, WWW.BRIGITTINES.BE NURTEN AKA