De tous les mutants nés des esprits torturés de Chris Claremont et Bill Sienkiewicz (Marvel), Legion/David Haller est le plus complexe. Il fallait pour le transposer à l'écran tout le talent et la liberté de ton de Noah Hawley ( Fargo). Après deux saisons suprêmement audacieuses, la troisième confirme que Legion est bel et bien une série visionnaire, pensée pour ces temps chaotiques, où la raison perd son chemin dans une réalité éclatée, où rien ne semble plus correspondre ni au bien ni au mal, ni à aucune zone de gris. Car de gris, il y en a peu dans l'univers de Legion, cette éclosion de couleurs, ce mariage permanent de la nuance et de l'exubérance, du calme et de la tempête, de l'accélération et de la lenteur, de Stanley Kubrick et de Wes Anderson, de Lewis Caroll et de William Burroughs. Alors que Hawley avait toujours évité de lier son personnage à la galaxie X-Men, malgré sa filiation au Professeur Xavier, ce dernier fait une entrée remarquée dans la lutte contre (ou avec) l'ennemi juré, Amahl Farouk. Rien n'est jamais simple dans un récit aussi cryptique et polysémique que Twin Peaks, mais qui ne récolte pas encore l'abondante exégèse entourant l'oeuvre lynchienne. Il le mérite pourtant.

Série créée par Noah Hawley. Avec Dan Stevens, Rachel Keller, Aubrey Plaza.

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