"C'est aussi une façon de dire que nous ne sommes pas que des francophones fainéants profitant du chômage sans être capable de faire quoi que ce soit d'entrepreneurial." Ce propos légèrement ironique, comme il se doit tenu en "double off", est conforme à l'esprit de l'inauguration, le 13 septembre, du Palais 12 du Heysel. Alors qu'à quelques centaines de mètres de là, le "stadenationalgate" bat son plein à coups de linguistiqueries grotesques d'une N-VA obsédée par l'usage du ménapien, l'avènement à Bruxelles "en moins d'une ann...

"C'est aussi une façon de dire que nous ne sommes pas que des francophones fainéants profitant du chômage sans être capable de faire quoi que ce soit d'entrepreneurial." Ce propos légèrement ironique, comme il se doit tenu en "double off", est conforme à l'esprit de l'inauguration, le 13 septembre, du Palais 12 du Heysel. Alors qu'à quelques centaines de mètres de là, le "stadenationalgate" bat son plein à coups de linguistiqueries grotesques d'une N-VA obsédée par l'usage du ménapien, l'avènement à Bruxelles "en moins d'une année" d'une nouvelle grande salle modulable pouvant atteindre les 18 000 spectateurs est clairement un actif neuf dans un showbiz largement dominé par la Communauté flamande, Live Nation et Sportpaleis en tête. Par le plus grand des hasards, la veille de l'inauguration du Palais 12 -via le dispensable cover band The Australian Pink Floyd-, le Sportpaleis et Music Hall, propriétaire de Forest National, annonçaient une "collaboration, notamment dans leur core business (sic)". Manière de dire qu'entre le patron de Forest, Geert Allaert -West-Flandrien de 50 ans-, et la bande anversoise, la meilleure des ambiances règnerait désormais sur le front des spectacles grand public. Du côté de la Ville de Bruxelles, pour laquelle le Palais 12 fait partie d'une stratégie de rénovation globale du plateau du Heysel, accompagnée en cela par la Région de Bruxelles-Capitale, on n'agite pas l'épouvantail communautaire. En tout cas pas officiellement. L'heure serait plutôt à la présentation de la "jeune fille" du Palais 12 et de tous ses attraits de future mariée au public bruxellois et belge. La salle, qui peut rétrécir jusqu'à une capacité de 2500 visiteurs, est plutôt une bonne surprise: visuellement, elle bénéficie de tubulures noires au plafond qui lui donnent un air de vaisseau spécial, et surtout, elle fait beaucoup moins vieille boîte métallique que le Sportpaleis ou ce Forest qu'on a aimé pour de plates raisons sentimentales mais qui, des chiottes à l'éclairage, s'avère franchement obsolète. L'investissement global de 21 millions d'euros au Palais 12 a notamment bénéficié à l'acoustique -4 millions quand même- qui, le soir où nous y étions, s'est avérée d'excellente qualité, faible en écho et réverbération. Un bureau de consultation londonien, avec l'"audio director" de U2, a notamment participé à la conception sonore du lieu. Reste maintenant à attirer des trucs excitants parce que sur la trentaine de soirées déjà programmées (pas forcément musicales) d'ici l'automne 2014, les seuls noms "rock" sont David Guetta, Mylène Farmer, Elton John et Indochine. Ce qui, franchement, semble un peu court... PHILIPPE CORNET