On sait gré aux éditions Cambourakis de nous faire (re)découvrir, depuis 2014 et en quatre recueils, l'oeuvre tissée d'observations fines et truffée de collisions de la nouvelliste américaine Amy Hempel. Aux côtés de ses personnages féminins, en perte de repères, on se sent colletés à l'oeilleton d'un réel qui part en vrille, d'espaces-temps où les couples et les idées se dessoudent. " Qu'est-ce que j'aimerais me faire brouiller et servir avec des saucisses dans un dîner de nuit", se dit celle qui, traçant la route, cherche à renouer avec un homme qui ne lui adresse plus la parole mais lui a préparé une cassette où seul le morceau Jesus Is Waiting d'Al Green figure en boucle. " On devrait tous être mis à l'abri dans une petite poche en velours", nous confie une autre, la cinquantaine, possiblement enceinte suite à une agression et férue de phénomènes paranormaux. " C'est incroyable de voir combien il est facile de penser de travers", songe la dresseuse de chiens-guides " après avoir passé la majeure partie de son printemps à dépouiller [s]on mariage". Vous avez goûté au ton retors et acidulé de Vertige de Joanna Walsh (éditions do)? Le Chien du mariage, petit-grand volume tout en épiphanies inquiètes et percées décalées, tiendra vos rênes avec la même étrangeté.

D'Amy Hempel, éditions Cambourakis, traduit de l'anglais (États-Unis) par Guillaume Vissac, 107 pages.

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