Évaluer une oeuvre n'est pas toujours chose aisée et il est des cas où cela se révèle carrément impossible: le curseur n'arrêterait pas d'osciller entre 0 et 10! C'est le cas de La Main verte. Commençons donc par le bas de l'échelle. Les divers scénarios des histoires compilée...

Évaluer une oeuvre n'est pas toujours chose aisée et il est des cas où cela se révèle carrément impossible: le curseur n'arrêterait pas d'osciller entre 0 et 10! C'est le cas de La Main verte. Commençons donc par le bas de l'échelle. Les divers scénarios des histoires compilées dans La Main verte sont abscons, résultant peut-être de l'absorption de substances hallucinogènes. Gageons que certains lecteurs "restés dedans" y trouveront leur compte, les adaptations que fait Édith Zha de la comtesse de Ségur et d'autres contes classiques étant tout de même assez rigolotes. L'intérêt réside plus dans le dessin, tout aussi halluciné mais plus accessible, de Nicole Claveloux. Celle-ci excelle autant dans le noir et blanc dont le trait précis rappelle celui d'un Caza ou d'un Moebius que dans les couleurs acidulées achevant de nous transporter aux riches heures de l'illustration seventies façon Milton Glaser. Les plus de 40 ans risqueront même de vivre l'expérience de la madeleine de Proust car Claveloux est surtout connue pour ses illustrations jeunesse dans les années 70. Jean-Pierre Dionnet la contacta en 1976 pour lui donner l'occasion de s'exprimer dans un registre plus adulte. Avec cette première réédition, les éditions Cornélius s'emploient à nous le faire découvrir. Une nouvelle suivra début février.