Notre collaborateur Nix, décidément, n'aime jamais rien faire comme les autres. "Si c'est pour refaire quelque chose de déjà fait, je ne vois pas l'intérêt; et quand tu te lances dans un projet, il faut y aller à fond, ne surtout pas s'arrêter en chemin, c'est ce qu'on a essayé de faire ici." Ici, c'était, pendant quatre jours, l'exposition la plus ludique et la plus atypique du festival d'Angoulême, qui se tenait dans 100 mètres carré mis à disposition par le Musée des Sciences naturelles de la ville. Or, si le musée s'attendait à voir notre artiste flamand accrocher genti...

Notre collaborateur Nix, décidément, n'aime jamais rien faire comme les autres. "Si c'est pour refaire quelque chose de déjà fait, je ne vois pas l'intérêt; et quand tu te lances dans un projet, il faut y aller à fond, ne surtout pas s'arrêter en chemin, c'est ce qu'on a essayé de faire ici." Ici, c'était, pendant quatre jours, l'exposition la plus ludique et la plus atypique du festival d'Angoulême, qui se tenait dans 100 mètres carré mis à disposition par le Musée des Sciences naturelles de la ville. Or, si le musée s'attendait à voir notre artiste flamand accrocher gentiment quelques originaux ou fac-similés de sa série Kinky & Cosy (que les lecteurs de Focus connaissent bien) sur les murs, il va avoir du mal à s'en remettre: en quelques semaines de préparation, Nix et ses scénographes Xavier Dumont et Monique Calande ont transformé les lieux en véritable attraction digne d'un parc; soit quatre pièces entièrement redesignées et remplies d'effets spéciaux tenant du bricolage de génie à la Gaston Lagaffe: quatre étapes, du lavage de cerveau à l'audition dans un commissariat, pour transformer de gentils bambins beaucoup trop bien éduqués par leurs parents en petites Kinky et Cosy presque plus vraies que nature. "Le seul mot d'ordre, c'est oser!", crient ainsi et en choeur les deux jumelles en début du parcours, invitant les visiteurs à effectivement se laver le cerveau dans une étrange machine -en réalité, quelques tonneaux de machines à laver placés dans le décor, et reliés à une salle des machines digne de Brazil, remplie de fils, de brols, de machins, de trucs et d'astuces qui permettent à Nix et ses complices "d'en faire beaucoup avec chaque fois pas assez"; au sortir de leur Kinky & Cosy Experience, les 10 000 visiteurs attendus, en raison d'un paquet toutes les 20 minutes, auront eu l'occasion de gober des bonbons, jouer à la Playstation, se faire immortaliser en Kinky ou Cosy, et surtout bien se marrer. Nix a réussi son pari de donner envie de plonger, en fin de parcours, sur ses BD -Le Lombard vient de sortir une nouvelle compilation des strips de Kinky & Cosy- sans en avoir montré une case. Financé d'abord par le Fonds Flamand des Lettres, puis par le festival, puis par son éditeur, ce tour de force ludique aura tout de même coûté plus de 70 000 euros. Un gouffre si cette Kinky & Cosy Experience ne devait réellement exister que durant quatre jours. Ce que Nix s'ingénie désormais à éviter à coup d'énergie et de bonnes idées, comme d'habitude: "J'ai déjà un partenariat avec un fournisseur, et le camion qui va avec: on va replacer l'expo dans un container de treize mètres de long, pour essayer d'en faire une expo itinérante, de festivals en festivals. Il va y avoir un gros boulot d'adaptation et de construction, mais on a déjà un premier rendez-vous, à Naples, en avril." KINKY & COSY (COMPIL TOME 2), DE NIX, ÉDITIONS LE LOMBARD, 296 PAGES. 8