"Travaux sur la N89"

Comment continuer à intriguer quand, comme Jean-Louis Murat, on sort un nouvel album au minimum tous les trois ans, depuis près de 30 ans? Dix-huit mois après M...

Comment continuer à intriguer quand, comme Jean-Louis Murat, on sort un nouvel album au minimum tous les trois ans, depuis près de 30 ans? Dix-huit mois après Morituri, le bougon magnifique répond par la provoc. Aussi ridicule que génial, Travaux sur la N89 (du nom de l'axe reliant Lyon à Bordeaux en passant par son Auvergne chérie) porte bien son nom. On peut y voir un clin d'oeil à l'Autobahn de Kraftwerk. Ou simplement y lire une mise en garde: ceci n'est pas vraiment un album, c'est un chantier. Une route en déviation, chahutée, fracassée, avec des fragments de jazz, d'autotune, des boîtes à rythmes déclassées et des mélodies concassées. Extravagant, boiteux, Travaux tient de l'itinéraire bis, dont il faut accepter les détours pour profiter des paysages inédits.