Qui s'intéresse à l'art africain récent connaît le nom de Jean Pigozzi. Pour rappel, "Johnny" tel qu'on le surnomme possède une collection inouïe d'oeuvres. En France, les amateurs ont pu en voir certaines à la Fondation Cartier ou à la Fondation Vuitton. Bluffé par ces vastes ens...

Qui s'intéresse à l'art africain récent connaît le nom de Jean Pigozzi. Pour rappel, "Johnny" tel qu'on le surnomme possède une collection inouïe d'oeuvres. En France, les amateurs ont pu en voir certaines à la Fondation Cartier ou à la Fondation Vuitton. Bluffé par ces vastes ensembles? Il ne s'agit pourtant que d'une infime partie du trésor de guerre de cet obsessionnel qui revendique 10 000 pièces récoltées, notamment par l'intermédiaire de son "homme de main", André Magnin, curateur bien connu. Pigozzi s'est beaucoup amusé du fait qu'on l'ait pris longtemps pour un imbécile en raison de sa passion pour les artistes venus d'Afrique. À l'heure où Bodys Isek Kingelez s'expose au MoMa, les contempteurs d'hier sont devenus les courtisans d'aujourd'hui. Ce que l'on sait peut-être moins de Pigozzi, c'est que le bonhomme est également fan d'art contemporain japonais. Là où la plupart d'entre nous pense qu'il n'y a que Murakami ou Kusama, le collectionneur est parti à la pêche aux talents. Pas perso pour un sou, il partage ses découvertes à la faveur d'un site bilingue (anglais et japonais). On le fait défiler comme un gosse, trop heureux de pouvoir contempler les productions de peintres et autres sculpteurs rigoureusement classés de façon géographique. Une vraie mine d'or dont on ne regrette qu'une chose: l'impossibilité de voir les oeuvres en grand format.