Il n'y a pas que Marvel et DC Comics dans la vie. Deux ans après la mise en orbite de The Boys, la plateforme Amazon Prime Video se lance dans une nouvelle adaptation d'une licence super-héroïque gentiment dissidente avec Invincible. Pilotée par Robert Kirkman, l'auteur de The Walking Dead, qui transpose ici son propre univers de papier glacé, cette série d'animation prend la forme d...

Il n'y a pas que Marvel et DC Comics dans la vie. Deux ans après la mise en orbite de The Boys, la plateforme Amazon Prime Video se lance dans une nouvelle adaptation d'une licence super-héroïque gentiment dissidente avec Invincible. Pilotée par Robert Kirkman, l'auteur de The Walking Dead, qui transpose ici son propre univers de papier glacé, cette série d'animation prend la forme d'un récit d'apprentissage assez classique qui voit le rejeton du justicier le plus puissant de la planète tenter d'apprivoiser ses capacités hors norme naissantes sur fond de menaces apocalyptiques répétées. Adulte dans la violence graphique quasiment gore qu'il choisit de développer et dans sa volonté affichée d'explorer l'envers parfois très prosaïque de la vie de super-héros, l'objet peine toutefois à dépasser le côté éculé de ses enjeux et de ses thématiques. Relations père-fils compliquées, difficulté à assumer sa différence et à trouver sa place dans le monde, déchirement permanent entre aspirations individuelles et salut de l'humanité... Bref, on n'a pas attendu Invincible pour savoir qu'un grand pouvoir implique de grandes responsabilités, et on guette parfois un peu désespérément autre chose à se mettre sous la dent que cette resucée bavarde évoluant au confluent fort balisé des aventures de Spider-Man et de Superman. Prévisible, assez platement dialoguée, la série, qui se compose en tout de huit épisodes d'une grosse quarantaine de minutes chacun, affiche trop peu de twists tordus ou de réelle ambivalence pour transcender ou subvertir les codes qui la fondent. Très relative, l'originalité de ses petites idées phares n'est, en outre, que de façade. Le tout arrosé d'un second degré timide et pas suffisamment constant pour convaincre totalement. Une vraie déception.