Incontournable artisan de l'ombre à la tête de JBA Production, la société à l'identité défricheuse et transfrontalière qu'il a fondée en 1987, Jacques Bidou a produit des dizaines de films de fiction et de documentaires. Parmi ceux-ci, des oeuvres de Rithy Panh, Raoul Pe...

Incontournable artisan de l'ombre à la tête de JBA Production, la société à l'identité défricheuse et transfrontalière qu'il a fondée en 1987, Jacques Bidou a produit des dizaines de films de fiction et de documentaires. Parmi ceux-ci, des oeuvres de Rithy Panh, Raoul Peck, Patricio Guzmán ou encore Tsai Ming-liang. Dans Il était une fois la production, il prend prétexte du récent Yalda, la nuit du pardon de l'Iranien Massoud Bakhshi, glaçant long métrage satirique à la genèse semée d'embûches, pour nous offrir une plongée immersive au plus près d'un métier souvent méconnu ou mal considéré. Bien plus qu'un simple intermédiaire entre l'artiste et l'économie de la création, le producteur de cinéma s'y dessine en infatigable concurrent d'un véritable parcours du combattant qui impose d'avoir les nerfs solides et le coeur bien accroché. Rencontre, écoute, échange, ténacité, foi dans le projet... Truffé d'anecdotes édifiantes, le livre détaille avec une appréciable transparence toutes les étapes déterminantes de cette grande foire aux ego qu'est bien souvent la fabrication d'un film. On apprécie la plume à l'enthousiasme empreint de nostalgie et forcément teinté d'amertume de Bidou, même si le côté très saucissonné du texte donne parfois le sentiment de passer étrangement du coq à l'âne.