"L'atmosphère sur le tournage était si cool qu'on avait un peu l'impression de faire ce film pour nous seuls!" Paul Rudd évoque l'expérience de Prince Avalanche, la comédie décalée de David Gordon Green (Prix de la Mise en scène au Festival de Berlin) où il forme avec Emile Hirsch un mémorable duo. Les ambiances complices, l'acteur de 44 ans les connaît bien pour avoir très tôt fait partie de la bande à Judd Apatow, celle-là même qui a joyeusement relancé la comédie made in USA en y injectant une copieuse dose d'humour juif et régressif. Rudd fut entre autres de The 40 Year Old Virgin, de Knocked Up, de Forgetting Sarah Marshall et plus récemment de This Is 40, tous réalisés ou produits par un Apatow dont il est devenu un des héros/hérauts préférés avec Jonah Hill, Seth Rogen et Jason Segel. Avec Prince Avalanche, le natif de Passaic, dans le New Jersey, aborde un humour plus subtilement décalé, que viennent colorer de la ...

"L'atmosphère sur le tournage était si cool qu'on avait un peu l'impression de faire ce film pour nous seuls!" Paul Rudd évoque l'expérience de Prince Avalanche, la comédie décalée de David Gordon Green (Prix de la Mise en scène au Festival de Berlin) où il forme avec Emile Hirsch un mémorable duo. Les ambiances complices, l'acteur de 44 ans les connaît bien pour avoir très tôt fait partie de la bande à Judd Apatow, celle-là même qui a joyeusement relancé la comédie made in USA en y injectant une copieuse dose d'humour juif et régressif. Rudd fut entre autres de The 40 Year Old Virgin, de Knocked Up, de Forgetting Sarah Marshall et plus récemment de This Is 40, tous réalisés ou produits par un Apatow dont il est devenu un des héros/hérauts préférés avec Jonah Hill, Seth Rogen et Jason Segel. Avec Prince Avalanche, le natif de Passaic, dans le New Jersey, aborde un humour plus subtilement décalé, que viennent colorer de la mélancolie, de la tendresse et quelques éléments d'une philosophie existentielle. "L'idée était de ne rien dire à personne, de ne faire aucune annonce dans la presse professionnelle, juste de partir dans la forêt avec une toute petite équipe et de tourner des trucs. Bref de revenir à ce qui peut rendre fun l'expérience d'un film." Paul Rudd ajoute qu'"en l'absence de tout appui d'un studio, nous n'étions même pas sûrs de voir un jour Prince Avalanche à l'affiche des cinémas... Le bon côté étant que, créativement parlant, nous pouvions faire absolument ce que bon nous semblait!" Mais comment le comique prisé à Hollywood a-t-il pu se retrouver embringué dans pareille aventure aux limites du système? "David Gordon Green et moi étions amis depuis une douzaine d'années, explique l'acteur, depuis notre rencontre au Festival de Rotterdam où il était venu présenter son film George Washington. Nous avons eu plein de projets ensemble, mais personne n'avait la moindre envie de les financer... Et puis il m'a rappelé, en disant: "On partirait à quelques-uns, dans la nature, avec deux caméras et très peu de bagages, pour faire le remake d'un film islandais que personne ne connaît. Ça te dirait?" Et comment, que ça me disait! David m'a envoyé le DVD du -très chouette- film en question (A Annan Veg, écrit et réalisé par Hafsteinn Gunnar Sigurösson, ndlr), mais j'avais déjà dit oui avant de le voir..." "David aime l'improvisation, il est très excité par le processus même du filmage. Il se fiche par exemple complètement de l'endroit où vous allez vous placer dans un plan. Il va bouger sa caméra en fonction de vous, pour saisir l'instant, la vérité de l'instant." L'appel incessant à l'improvisation, le fait que le script ne comptait qu'une petite soixantaine de pages, la légèreté de l'équipe "donnaient l'impression de faire un film européen, même si nous étions en plein Texas!", sourit un Paul Rudd qui eut même parfois "la sensation, étrange et épatante, de parler en sous-titres... " Mais qu'ont pu penser ses agents de sa décision de tenter cette aventure hors des sentiers battus du cinéma commercial? "Le projet les excitait... dans la mesure où il m'excitait, moi!", rit le comédien. "Mais cela dut leur paraître bizarre, poursuit-il, et je ne sais pas ce qu'ils en penseront en voyant le film. David et moi, nous rions pour des choses que beaucoup d'autres ne trouvent pas forcément drôles..." Le thème central de Prince Avalanche, l'amitié, rejoint par contre et d'évidence l'univers des films grand public de la galaxie Apatow, où il tient une place également importante. "Pour Judd comme pour David... et pour moi aussi d'ailleurs, ce thème est très riche dès qu'on reconnaît la chose suivante: chacun d'entre nous grandit dans le regard des autres, et nous ne voyons jamais mieux qui nous sommes vraiment que dans les yeux d'un ami", philosophe Paul avant d'ajouter l'autre clé commune aux deux mondes comiques où il évolue: "Ne pas juger, ne jamais juger." Et il a bien raison sur ce point, lui qui ne craint pas les initiatives étonnantes, comme celle d'installer... un véritable pub irlandais dans le sous-sol de sa maison! "Mon père en avait construit un de ses propres mains, dans la cave de la demeure familiale, à l'occasion de la naissance de mon fils, et en lui donnant son nom. Mon père est mort à présent, et j'ai tenu à poursuivre cette drôle de tradition familiale qu'il avait initiée..." Pourtant, pas une goutte de sang irlandais ne coule dans les veines de Paul Rudd ni de ses parents! "Dans la famille, nous sommes des "wannabes", conclut-il, nous avons toujours eu cette tendance lourde à vouloir être ce que nous ne sommes pas. Etonnez-vous dès lors que je sois devenu acteur!" RENCONTRE Louis Danvers