Qui sommes-nous vraiment, une fois que les couches sociales que nous nous imposons sont pelées à la manière d'un oignon? Et la question même de savoir qui nous sommes vaut-elle la peine d'être posée? Quel équilibre fragile nous fait balancer entre la catastrophe et la joie d'une vie qu...

Qui sommes-nous vraiment, une fois que les couches sociales que nous nous imposons sont pelées à la manière d'un oignon? Et la question même de savoir qui nous sommes vaut-elle la peine d'être posée? Quel équilibre fragile nous fait balancer entre la catastrophe et la joie d'une vie qui se met soudainement à danser? Autour du fil narratif des livraisons saisonnières de haschich par le dealer sans nom (The Guy), se tresse depuis trois saisons des récits un peu sociologiques, un peu philosophiques, souvent comiques, parfois tragiques mais toujours étonnamment à propos. Des galeries de portraits urbains et, sinon optimistes, traversés de suffisamment de failles pour y voir entrer la lumière. La nudité est certes un élément central de cette histoire qui a vu le dealer débarquer chez des nudistes, interrompre un coït, se faire montrer les seins par une exhibitionniste, mais c'est pour mieux en souligner la qualité intimiste, entre un confessionnal décomplexé et une psychanalyse à rouler. Ce voyeurisme teinté d'empathie ne laisse pas de côté la question des séquelles d'une fumette intense et de sa dépendance. Tout ceci étant mis avantageusement en perspective avec les situations de dépendance affective ou de tyrannie des apparences, des codes sociaux que nous arborons en maintes occasions avec rigueur et oubli de soi.