Plan Vigipirate oblige, il faut montrer patte nette, ce jour-là, pour accéder à la BnF, la Bibliothèque nationale de France. C'est là, au 18e étage, que se tournent les scènes 556, 547 et 552 de Trepalium, série d'anticipation commanditée par Arte. Le casting a de l'allure. En costumes stricts, blasons et cache-chaussures, les expérimentés Charles Berling et Aurélien Recoing côtoient notamment Pierre Deladonchamps, César du Meilleur espoir masculin pour L'Inconnu du lac. Puis un ours arrive, le pas nonchalant, la voix sifflante: on fait difficilement plus relax que Vincent Lannoo. Relax, mais ferme quand, après les répétitions, la scène démarre réellement. "C'est un monde de rigueur, de tenue, et assez peu de sourires!", crie le cinéaste belge à ses comédiens, affairés un peu plus loin dans un austère bureau aux murs de béton. Ce monde, c'est celui d'un futur proche dans lequel 80 % des citoyens, sans emploi, parqués dans ce qu'on appelle "La Zone", sont séparés des 20 % restants par un mur uniquement perc...