Alors que vient de sortir, il y a quelques semaines, son autobiographie Let's Go (So We Can Get Back): A Memoir of Recording and Discording with Wilco, Etc., Jeff Tweedy signe à 51 ans son premier album solo. L'ancien Uncle Tupelo avait déjà tourné à plusieurs reprises en solitaire. L'an dernier, il avait même dévoilé tout seul comme un grand Together At Last. Un disque acoustique se promenant dans la discographie de Wilco, de Loose Fur (son groupe avec Jim O'Rourke) et de Golden Smog (avec des membres de Soul Asylum, des Replacements et des Jayhawks). Mais ...

Alors que vient de sortir, il y a quelques semaines, son autobiographie Let's Go (So We Can Get Back): A Memoir of Recording and Discording with Wilco, Etc., Jeff Tweedy signe à 51 ans son premier album solo. L'ancien Uncle Tupelo avait déjà tourné à plusieurs reprises en solitaire. L'an dernier, il avait même dévoilé tout seul comme un grand Together At Last. Un disque acoustique se promenant dans la discographie de Wilco, de Loose Fur (son groupe avec Jim O'Rourke) et de Golden Smog (avec des membres de Soul Asylum, des Replacements et des Jayhawks). Mais ce sont cette fois onze compositions originales inspirées par ses mémoires que propose le génial singer-songwriter américain. Depuis 2007 et la sortie de Sky Blue Sky, Tweedy n'a cessé de rendre son écriture plus intime, plus personnelle. Et elle ne l'a sans doute jamais tant été qu'aujourd'hui. Essentiellement accompagné de sa guitare acoustique, Jeff rumine sur la vie, la mort, les erreurs commises et les opportunités manquées. À l'une ou l'autre exception près (la montée orageuse et dissonante The Red Brick notamment), on se promène loin ici des Yankee Hotel Foxtrot et A Ghost Is Born, des expérimentations en tous genres et des guitares enflammées de Nels Cline. On se balade en terres acoustiques et dépouillées dans l'existence, les craintes et les doutes d'un homme à la plume remarquable. Sur Having Been Is No Way to Be, Tweedy s'adresse à ceux qui lui reprochent d'être moins bon depuis qu'il a arrêté de se défoncer. " Now People say/What drugs did you take/And why don't you start taking them again?/But they are not my friends/And if I was dead, what difference would it ever make to them." La mort (la sienne, la nôtre, celle de son père l'an dernier) est omniprésente sur Warm. Comme pour boucler la boucle, seuls quelques proches se sont joints à l'enregistrement au Loft, son studio de Chicago. Ses fils Spencer et Sammy et le batteur de Wilco Glenn Kotche. Champion de la compassion, celui que l'écrivain texan George Saunders appelle " our great, wry, american consolation poet" a ce don de panser les plaies avec des chansons tristes et de réchauffer les coeurs mélancoliques. Déjà, il y a cette voix. Cette voix à faire chialer des cailloux, tout en avant. Comme s'il était en train de chanter à l'oreille de l'auditeur dans son divan. Cette voix qui le faisait tant douter de lui aux premiers jours d'Uncle Tupelo. " I leave behind a trail of songs, from the darkest gloom to the brightest sun", chante Tweedy sur le titre d'ouverture Bombs Above. Franchement teinté de country, très américain même quand il se fait beatlesien ( Let's Go Rain), Warm voyage de l'ombre à la lumière dans l'universalité de l'existence. Beau et réconfortant.