Dans les années 80, un ovni télévisé devenu culte, The Gorgeous Ladies of Wrestling ( GLOW) explosait les codes déjà bien gonflés du catch US (virilisme, nationalisme, suprématisme, violence érotisée...) pour tendre au rêve américain, conservateur et blanchi, un miroir grossissant constellé de paillettes, de tenues et de grimages flashy. Jenji Kohan ( Orange ...

Dans les années 80, un ovni télévisé devenu culte, The Gorgeous Ladies of Wrestling ( GLOW) explosait les codes déjà bien gonflés du catch US (virilisme, nationalisme, suprématisme, violence érotisée...) pour tendre au rêve américain, conservateur et blanchi, un miroir grossissant constellé de paillettes, de tenues et de grimages flashy. Jenji Kohan ( Orange is the New Black) à la production et le duo Liz Flahive et Carly Mensch à l'écriture en ont tiré une série manifestement féministe, mais surtout drôle, bien écrite et intelligemment rythmée. Alison Brie y est Ruth Wilder, actrice crève-la-faim qui rejoint en désespoir de cause un casting de freaks au féminin, nanas rejetées par les canons hollywoodiens et recrutées par un obscur réalisateur de séries Z, Sam Sylvia (Marc Maron), pour lancer une émission de catch féminin: The Gorgeous Ladies of Wrestling, donc. La première saison voyait ces femmes obèses, noires, quelconques, mères célibataires, chômeuses, gagneuses ou vieilles filles, endosser tant bien que mal leur costume de "terroriste", "reine des allocs" ou "communiste" et s'entraîner à l'art athlétique et burlesque du catch. En saison deux, "Zoya the Destroyer", "Liberty Belle" (littéralement "Cloche de la Liberté") et "Palestine" continuent d'envoyer de sacrées manchettes à cette Amérique triomphante et balancent dans les cordes la domination masculine, trait d'union entre les eighties reaganiennes et l'ère post-Weinstein. La besogne d'émancipation personnelle de Ruth, Debbie & cie, brillamment écrite et intégrée dans le récit, finit de transformer l'entreprise en un divertissement d'une intelligence pugnace et d'une pertinence qui déboîte.