"Pet Town"

Les Pays-Bas ne sont pas vraiment ce qu'on peut appeler le berceau du rock, le royaume de la pop music... Mais à côté des Nits, de The Ex (qui fête cette année ses 40 ans) et de Jacco Gardner, nos voisins possèdent quelques jolis trésors plus ou moins bien cachés. Eerie Wanda est de ceux-là. Eerie Wanda est le projet de Marina T...

Les Pays-Bas ne sont pas vraiment ce qu'on peut appeler le berceau du rock, le royaume de la pop music... Mais à côté des Nits, de The Ex (qui fête cette année ses 40 ans) et de Jacco Gardner, nos voisins possèdent quelques jolis trésors plus ou moins bien cachés. Eerie Wanda est de ceux-là. Eerie Wanda est le projet de Marina Tadic, une jeune singer- songwriter à la dream pop vintage. Caressante et fraîche anachronie qui a le charme d'un pas si lointain passé. Celui de nos parents et des leurs. Du moins de leurs cousins américains. Arrivée chez nos amis néerlandais à l'âge de six ans alors qu'elle fuyait avec sa famille la guerre en Croatie, Tadic a le folk minimaliste et lo-fi. Elle aime le chant des oiseaux, les claquements de doigts et les frappes dans les mains. Basée à Nimègue et toujours secondée par le bassiste Jasper Verhulst (Jacco Gardner mais aussi Altin Gün), Marina a la douceur et le côté rêveur. Elle réussit ici un sans-faute. Dix petites cartes postales dream folk que l'artiste audiovisuelle semble fredonner à l'oreille et qui emmènent ailleurs. Une pincée de doo-wop, une touche de bossa nova... Pet Town, son deuxième album, le premier pour le label Joyful Noise, est de ceux qui permettent de passer l'hiver au chaud et donnent envie d'aller chercher des bûches pour les faire crépiter dans le feu ouvert. Le single Sleepy Eyes parle de se sentir à plat, de vouloir juste rester chez soi. Loin du monde. Et Eerie Wanda livre ici le compagnon idéal pour la réclusion. Une petite merveille chaudement recommandée. Les premiers jours du printemps vous tendront déjà les bras.