Outre une trajectoire de réalisateur de plus en plus passionnante et internationale ( Cinéastes à tout prix et Hitler à Hollywood ont fait le grand tour des festivals, avec montée des marches à Cannes pour le premier), Frédéric Sojcher enseigne le cinéma au niveau universitaire, à la Sorbonne, à Paris (1). A 44 ans, il a par ailleurs déjà écrit ou coordonné 17 livres, dont le passionnant La Kermesse héroïque du cinéma belge, Cinéma européen et identités culturelles, Manifeste du cinéaste et Luc Besson, un Don Q...

Outre une trajectoire de réalisateur de plus en plus passionnante et internationale ( Cinéastes à tout prix et Hitler à Hollywood ont fait le grand tour des festivals, avec montée des marches à Cannes pour le premier), Frédéric Sojcher enseigne le cinéma au niveau universitaire, à la Sorbonne, à Paris (1). A 44 ans, il a par ailleurs déjà écrit ou coordonné 17 livres, dont le passionnant La Kermesse héroïque du cinéma belge, Cinéma européen et identités culturelles, Manifeste du cinéaste et Luc Besson, un Don Quichotte face à Hollywood?. Sans oublier bien sûr Main basse sur le film, récit fascinant et douloureux d'un tournage virant à la catastrophe et d'un film échappant à son auteur, c'est-à-dire lui-même... Deux parutions récentes viennent compléter cet arsenal théorique. Le premier des 2, Cinéaste et producteur: un duo infernal, a été composé en complicité avec N.T. Binh (enseignant, réalisateur, critique à Positif et Zurban) et François Margolin (réalisateur, producteur et cinéaste). Ce livre très agréable à lire réunit des entretiens de fond avec Jean-Jacques Beineix, Lucas Belvaux, Robert Guédiguian, Benoît Jacquot, Patrice Leconte, Patrick Sobelman et Bertrand Tavernier. Lesquels sont invités à partager leur expérience et leur réflexion sur les rapports entre réalisateur et producteur. Le propos s'élargit logiquement au contexte actuel, voyant la télévision exercer sur le cinéma une mainmise qui remet en cause la dynamique jusqu'alors décisive du "couple" (à problèmes, parfois) réalisateur-producteur. La pratique différente de chaque cinéaste interrogé offre une déclinaison des différentes manières de faire du cinéma, de la complicité active à la commande en passant par le choix de cheminer en solitaire. En ressort notamment comme un regret, paradoxal en partie, d'un mode de fonctionnement à 2 que la pression du financement télévisuel met désormais à rude épreuve... Ecrit en solo par Sojcher, Pratiques du cinéma nous livre la pensée de l'historien et professeur de cinéma mais aussi du créateur impliqué vis-à-vis des différents intervenants du paysage cinématographique contemporain. Du scénariste qui écrit un film au critique qui commente sa sortie, en passant par le réalisateur, le producteur, le vendeur, le distributeur, l'exploitant, les diffuseurs de dérivés, le programmateur de festival et les écoles de cinéma, le bouquin fait le tour de la question en développant des points de vue personnels très déterminés. Les institutions européennes n'échappent par exemple pas aux foudres de Sojcher, qui qualifie d'erreur politique majeure le manque de soutien global manifesté par l'Europe face à la domination américaine. Un point qui renvoie au film Hitler à Hollywood, liant d'exemplaire façon le travail du réalisateur à celui de l'intellectuel engagé. l (1) IL EST DIRECTEUR DU MASTER EN SCÉNARIO, RÉALISATION ET PRODUCTION DE L'UNIVERSITÉ DE PARIS 1 PANTHÉON-SORBONNE. Pratiques du cinéma. DE FRÉDÉRIC SOJCHER. ARCHIMBAUD / KLINCKSIECK. 326 PAGES. Cinéaste et producteur: un duo infernal. DE N.T. BINH, FRANÇOIS MARGOLIN, FRÉDÉRIC SOJCHER. ARCHIMBAUD / KLINCKSIECK. 208 PAGES. L.D.