Marguerite Abouet s'est fait la chroniqueuse du pays qui l'a vue naître, la Côte d'Ivoire. Après les mésaventures de la belle Aya et celles de la jeune Akissi, la voici de retour avec une série policière façon "NCIS Abidjan", l'humour africain en plus. Le magistrat Traoré Compliqué a été retrouvé mort dans une chambre d'un hôtel interlope. Le commissaire Kouamé et son ...

Marguerite Abouet s'est fait la chroniqueuse du pays qui l'a vue naître, la Côte d'Ivoire. Après les mésaventures de la belle Aya et celles de la jeune Akissi, la voici de retour avec une série policière façon "NCIS Abidjan", l'humour africain en plus. Le magistrat Traoré Compliqué a été retrouvé mort dans une chambre d'un hôtel interlope. Le commissaire Kouamé et son fidèle adjoint, Arsène, sont chargés de l'affaire par le ministre de l'intérieur en personne. Celui-ci ne s'est pas trompé: véritable tornade, Kouamé inspire la peur et le respect en usant de méthodes loufoques et pas très catholiques, mais efficaces. Si on reconnaissait l'auteure dans ses personnages féminins, la part de vécu, dans cette enquête, est plus floue. Bien que...! Le génie de la scénariste est de montrer une Afrique où les gens vivent, aiment et meurent comme partout ailleurs dans le monde, si ce n'est qu'elle implante son histoire dans une réalité socio-économique, en l'occurrence à Abidjan, une ville qu'elle connaît bien. Elle y trimbale ses deux personnages des bas-fonds aux beaux quartiers. Comme de rigueur dans les séries télé, la vie sentimentale et familiale des héros fait partie intégrante de l'intrigue. Si le commissaire est efficace, c'est parce qu'il se tue au travail, délaissant femme et enfants qui le lui font bien sentir. Idem pour Arsène qui a du mal à garder ses copines. Le dessin n'a pas la maestria de celui d'Aya de Yopougon. Il s'inscrit toutefois dans la même veine, le burlesque et l'expressionnisme en plus. On l'aura compris, l'histoire importe peu; elle est prétexte à des situations et des dialogues hauts en couleur... locale. Les lecteurs ivoiriens ou les globe-trotteurs occidentaux se reconnaîtront dans cette chronique drolatique de la vie abidjanaise.